Six féminicides en neuf jours en Belgique : alerte 2026
Féminicide🇧🇪 Belgique
7 septembre 2026·5 min de lecture·

Six féminicides en neuf jours en Belgique : alerte 2026

Six femmes tuées en neuf jours en Belgique. Des associations féministes tirent la sonnette d'alarme et réclament un plan d'action gouvernemental immédiat face à une violence de couple qui ne faiblit pas.

Une série tragique qui secoue la Belgique

Six féminicides en neuf jours. Ce chiffre, brutal dans sa concision, a provoqué une onde de choc dans le paysage associatif belge. Des organisations de lutte contre les violences faites aux femmes ont haussé le ton en urgence, dénonçant une situation qu'elles qualifient d'alarmante et réclamant une réponse politique à la hauteur du drame.

Ces décès, survenus dans un contexte de violence de couple, s'inscrivent dans une réalité statistique déjà préoccupante : en Belgique, une femme est tuée tous les dix jours en moyenne par son partenaire ou ex-partenaire. Mais la concentration de six meurtres en moins d'une semaine et demie a franchi un seuil symbolique qui a poussé les associations à sortir de leur réserve habituelle pour interpeller directement les pouvoirs publics.

Des associations féministes en état d'urgence

Plusieurs organisations féministes belges ont pris la parole de manière coordonnée, exigeant la mise en place immédiate d'un plan d'action gouvernemental structuré. Leurs revendications ne sont pas nouvelles, mais l'accumulation des drames leur confère une résonance particulière.

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Parmi les mesures réclamées figurent le renforcement des dispositifs de protection des victimes signalantes, une meilleure formation des forces de l'ordre à l'évaluation du danger, l'augmentation des places d'hébergement d'urgence pour les femmes fuyant un conjoint violent, ainsi qu'un financement pérenne des structures d'accompagnement psychologique et juridique.

Les associations pointent également les délais parfois trop longs entre le dépôt d'une plainte et la mise en place de mesures de protection effectives. Dans plusieurs des cas recensés, des signalements auraient été effectués avant le passage à l'acte fatal, soulevant des questions douloureuses sur les failles du système de prise en charge.

Un phénomène structurel, pas une série de faits divers isolés

Les militantes insistent sur un point essentiel : le féminicide n'est pas un fait divers. C'est l'aboutissement d'un continuum de violences, souvent précédé de signaux d'alarme ignorés ou minimisés. Réduire ces meurtres à des "drames passionnels" ou à des "affaires privées" contribue, selon elles, à entretenir une culture de l'impunité.

En Belgique, les violences conjugales touchent toutes les couches sociales, tous les milieux géographiques, urbains comme ruraux. Les chiffres officiels ne reflètent d'ailleurs qu'une partie de la réalité : une grande proportion des violences n'est jamais signalée, par peur des représailles, par honte, ou par manque de confiance dans les institutions.

Quelle réponse des pouvoirs publics ?

Face à cette mobilisation, les regards se tournent vers le gouvernement fédéral et les entités fédérées, qui partagent les compétences en matière de prévention et d'aide aux victimes. Les associations attendent des engagements concrets, chiffrés et assortis d'un calendrier de mise en oeuvre.

La Belgique a ratifié la Convention d'Istanbul, traité européen de référence sur la prévention et la lutte contre les violences à l'égard des femmes. Mais la ratification ne suffit pas : les organisations de terrain rappellent que les moyens alloués restent insuffisants au regard de l'ampleur du phénomène.

Des voix s'élèvent également pour demander la création d'un observatoire national du féminicide, à l'image de ce qui existe dans d'autres pays européens, afin de disposer de données fiables, actualisées et comparables permettant d'orienter les politiques publiques.

Briser le silence, sauver des vies

Au-delà des chiffres et des revendications politiques, les associations rappellent que chaque femme en danger peut agir. Parler à un proche, contacter une ligne d'écoute, déposer une main courante : chaque geste compte. Et pour l'entourage, reconnaître les signaux d'alerte, ne pas minimiser les confidences d'une amie ou d'une soeur, peut littéralement sauver une vie.

La mobilisation de ces neuf jours tragiques ne doit pas retomber. Les associations belges appellent à une prise de conscience collective et durable, à la hauteur d'une violence qui, chaque année, endeuille des dizaines de familles.

Numéros d'aide en Belgique

  • 0800 30 030 : Écoute Violences Conjugales (gratuit, 24h/24)
  • 0800 98 100 : SOS Viol (gratuit)
  • 101 : Police secours (urgences)
  • Garance ASBL : accompagnement et prévention des violences (www.garance.be)
## Comment signaler des violences conjugales et trouver de l'aide en Belgique ? En Belgique, les violences conjugales constituent un problème de santé publique majeur. Selon les données officielles publiées par le Service Public Fédéral Justice sur fgov.be et belgium.be, plus de 67 500 dossiers de violences intrafamiliales sont enregistrés chaque année par les parquets belges, soit environ 185 signalements par jour. Ces chiffres constituent une sous-estimation de la réalité, car de nombreuses études estiment que seulement une victime sur dix porte effectivement plainte. La gendarmerie et la police fédérale belge traitent ces signalements en priorité, conformément à la directive ministérielle du 8 mars 2006 relative à la politique criminelle en matière de violences entre partenaires. Cette directive oblige les services de police à enregistrer systématiquement toutes les plaintes, à proposer des soins médicaux d'urgence et à informer le parquet dans les 24 heures suivant tout signalement. La loi belge réprime sévèrement ces actes. L'article 398 du Code pénal belge prévoit des peines d'emprisonnement alourdies lorsque des violences physiques ou psychologiques sont commises sur un conjoint, un ex-conjoint ou un cohabitant. Le parquet peut engager des poursuites d'office sans plainte formelle de la victime lorsque les faits sont d'une gravité suffisante. Le tribunal de la famille peut délivrer une ordonnance d'éloignement d'urgence dans un délai de 24 à 48 heures. Pour obtenir de l'aide en Belgique, les victimes disposent de plusieurs ressources officielles. La ligne d'écoute nationale 0800 30 030 est disponible 24h/24, 7j/7, gratuitement et en toute confidentialité. Le Centre de Prévention des Violences Conjugales et Familiales coordonne un réseau national de maisons d'accueil d'urgence. Les Centres Publics d'Action Sociale (CPAS) proposent un accompagnement psychologique, social et juridique gratuit aux victimes et à leurs enfants. Si vous êtes en danger immédiat, composez le 101 (police fédérale) ou le 112 (urgences médicales). Pour déposer une plainte, rendez-vous dans n'importe quel commissariat de police ou brigade de gendarmerie. La police est légalement tenue d'enregistrer votre plainte et de vous remettre une attestation officielle. Pour toute information complémentaire, consultez les ressources officielles sur belgium.be ou le portail du Service Public Fédéral Justice sur fgov.be.
Tags#Féminicide#Belgique#AjiHelpMedia
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