Retour aux actualités
Féminicide au Maroc 2026 : violence conjugale et fléau
Féminicide🇲🇦 Maroc
28 août 2026·5 min de lecture·Noura Abdellaoui

Féminicide au Maroc 2026 : violence conjugale et fléau

En mars 2026, un féminicide à Mohammedia ravive le débat sur la loi 103-13. Au Maroc, 57% des femmes subissent une violence annuelle.

En mars 2026, une femme a été tuée par son mari en pleine rue et en plein jour à Mohammedia, au Maroc. Ce drame brutal, survenu sous les yeux de témoins, a relancé le débat sur l'efficacité de la loi 103-13 relative à la lutte contre les violences faites aux femmes. Au Maroc, selon les données du Haut-Commissariat au Plan (HCP), 57 % des femmes âgées de 15 à 74 ans ont subi au moins un acte de violence au cours des douze mois précédant l'enquête de 2019, la plus récente disponible à ce jour.

Que s'est-il passé à Mohammedia en 2026 ?

En mars 2026, une femme résidant à Mohammedia, ville industrielle de la région Casablanca-Settat, a perdu la vie dans des circonstances particulièrement choquantes. Son mari l'a tuée en pleine voie publique, sous le regard de témoins impuissants. L'incident a été largement documenté et a suscité une vague d'indignation sur les réseaux sociaux au Maroc et dans la diaspora.

Le parquet de Mohammedia a ouvert une information judiciaire et l'auteur présumé a été placé en garde à vue avant d'être déféré devant le juge d'instruction. En droit marocain, le meurtre est punissable en vertu du Code pénal marocain (dahir n° 1-59-413 du 26 novembre 1962, tel que modifié). L'article 392 du Code pénal marocain prévoit la réclusion criminelle pour tout auteur d'homicide volontaire, avec des circonstances aggravantes applicables lorsque la victime est une épouse ou une compagne.

Vous êtes victime ou proche d'une victime ?

AjiHelp vous accompagne — 1 mois gratuit

Ce cas illustre une réalité documentée par les organisations de défense des droits humains : au Maroc, les violences faites aux femmes restent sous-déclarées, et seulement 10,4 % des victimes engagent une action juridique ou déposent une plainte, selon les données du Haut-Commissariat au Plan.

Quel est l'état de la loi marocaine contre les violences faites aux femmes en 2026 ?

La loi n° 103-13 relative à la lutte contre la violence à l'égard des femmes, promulguée le 2 mars 2018 et entrée en vigueur en septembre 2018, constitue la principale avancée législative du Maroc dans ce domaine. Cette loi, adoptée après plus d'une décennie de mobilisation associative, introduit pour la première fois des définitions légales de la violence physique, sexuelle, économique et psychologique envers les femmes. Elle renforce également les sanctions pénales pour les auteurs de violence conjugale et crée des cellules de prise en charge des femmes victimes de violence au sein des parquets et tribunaux.

Cependant, de nombreuses associations féministes marocaines et des organismes internationaux pointent les limites persistantes de ce texte. La loi 103-13 ne criminalise toujours pas le viol conjugal, ni ne reconnaît explicitement le féminicide comme crime distinct. Selon les données officielles du ministère public marocain pour 2023, 65 homicides volontaires et 18 décès dus à des coups et blessures impliquant des femmes ont été enregistrés sur le territoire national au cours de cette seule année.

L'Union européenne et ses partenaires marocains ont co-financé plusieurs programmes de lutte contre les violences basées sur le genre entre 2021 et 2026, notamment à travers le projet « Spotlight », visant à renforcer les capacités des forces de l'ordre, du personnel judiciaire et des travailleurs sociaux dans la prise en charge des victimes. Malgré ces efforts, la dynamique « Maghreb sans féminicides », qui regroupe des organisations féministes d'Algérie, du Maroc et de Tunisie, a alerté fin 2025 sur l'absence persistante de statistiques officielles fiables et la faiblesse des mécanismes de protection.

Comment les femmes victimes de violence peuvent-elles obtenir de l'aide au Maroc ?

Au Maroc, plusieurs structures publiques et associatives sont dédiées à l'accueil et à l'accompagnement des femmes victimes de violences. Les cellules d'écoute et d'orientation, créées dans le cadre de la loi 103-13 au sein des tribunaux, des commissariats et des parquets, constituent le premier point de contact institutionnel. L'Espace Aïcha, géré sous l'égide du ministère de la Solidarité, du Développement Social, de l'Égalité et de la Famille, propose un numéro d'écoute gratuit : le 0800 008 008, disponible sans frais depuis tout téléphone fixe ou mobile.

La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a également mis en place des unités spécialisées dans la prise en charge des femmes victimes de violences dans les grandes villes. Les Centres d'Accueil Multi-Services (CAMS), financés en partie par le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et les collectivités territoriales, offrent hébergement d'urgence, accompagnement juridique et soutien psychologique aux femmes en situation de danger.

Ressources et aide au Maroc

  • 0800 008 008 — Espace Aïcha, écoute des femmes victimes de violences (gratuit)
  • 19 — Police secours
  • 15 — SAMU

Si vous êtes en danger immédiat, contactez le 19. Ne restez pas seule face à la violence.


AjiHelp est une application d'aide aux victimes de violences, de harcèlement et de mal-être. Ressources d'urgence, témoignages et contacts en quelques secondes — disponible sur iOS et Android.

Comment les femmes peuvent-elles obtenir de l'aide au Maroc ?

Selon les données officielles du Haut-Commissariat au Plan (HCP) de 2019, 57 % des femmes marocaines ont subi au moins un acte de violence au cours de l'année précédente. Face à ce constat alarmant, les associations et le ministère de la Solidarité ont renforcé les cellules d'écoute dans les tribunaux et parquets. Les femmes en danger peuvent composer le 0800 008 008 (Espace Aïcha), le 19 (police) ou le 15 (SAMU).

L'article 404 du Code pénal marocain prévoit des sanctions aggravées pour les violences commises par le conjoint. Des centres d'accueil proposent hébergement d'urgence et accompagnement juridique dans les principales villes du Maroc.

Tags#Féminicide#Maroc#AjiHelpMedia
Partager

L'appli AjiHelp — en danger ? Vous n'êtes pas seul·e.

Ressources, signalement et entraide — gratuite, disponible sur iOS & Android

Explorer
À lire aussi