Féminicide Bollène France 2026 : une femme tuée par son ex
Katerina Lukesova tuée par son ex à Bollène. 59 féminicides en France avant août 2026. Enquête sur les lacunes dans la protection.
Le jeudi 6 août 2026, Katerina Lukesova, 35 ans, a été tuée à son domicile à Bollène (Vaucluse) par son ex-compagnon Mojmir Gargulak, 54 ans. Ce meurtre s'inscrit dans la série tragique des féminicides recensés en France depuis le début de l'année 2026 : au 20 août, selon le décompte de l'association Féminicides France, au moins 59 femmes avaient été tuées par leur compagnon ou ex-compagnon sur le territoire national.
Cet événement met en lumière la persistance d'un phénomène criminel qui continue à endeuiller des familles et à interpeller les autorités françaises sur l'efficacité des mesures de protection existantes.
Chronologie et circonstances du drame de Bollène
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Dans la matinée du jeudi 6 août 2026, les services de secours ont été appelés au domicile de Katerina Lukesova à Bollène, commune du département du Vaucluse (84), dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. À leur arrivée, la jeune femme âgée de 35 ans a été retrouvée mortellement blessée. Selon les premiers constats des autorités, elle avait reçu plusieurs coups portés au niveau du crâne et du visage, apparemment infligés avec un objet contondant. Les blessures révèlent une violence extrême et délibérée, caractéristique des violences conjugales les plus graves.
Mojmir Gargulak, 54 ans, ex-compagnon de la victime, a rapidement été identifié comme suspect principal par les services de police judiciaire. Interpellé dans le cadre de l'enquête préliminaire, il a été placé en garde à vue puis mis en examen pour meurtre aggravé par les autorités judiciaires compétentes. Le parquet de Carpentras, dont dépend administrativement Bollène, a confirmé l'ouverture d'une information judiciaire pour meurtre dans un contexte de violence conjugale, ce qui renforce la qualification pénale du crime.
Contexte de violences antérieures
Selon les éléments recueillis par les autorités lors de l'enquête, la relation entre Katerina Lukesova et Mojmir Gargulak avait été marquée par des antécédents de violences. Ce constat, devenu malheureusement routinier dans les dossiers de féminicides, révèle que les signaux d'alerte n'ont pas empêché le passage à l'acte fatal. Des enquêteurs de la police judiciaire de la région PACA ont été mobilisés pour établir la chronologie complète des faits et reconstituer l'historique détaillé de la relation entre les deux protagonistes.
La présence de violences antérieures dans la relation constitue un facteur de risque majeur identifié par les experts en criminologie et en violences conjugales. Cette réalité soulève des questions sur l'accès aux signalements, les mesures d'urgence mises en place et l'effectivité des dispositifs de protection supposés prévenir de tels drames.
L'ampleur du phénomène des féminicides en France en 2026
Le féminicide intime — soit le meurtre d'une femme commis par son compagnon ou ex-compagnon — demeure un fléau documenté et persistant en France. Selon le décompte de l'association Féminicides France, au 20 août 2026, au moins 59 femmes avaient été tuées dans ce contexte depuis le 1er janvier 2026, dont 50 à leur propre domicile. Ces chiffres, glaçants, rejoignent les moyennes établies par les rapports annuels du ministère de l'Intérieur, qui recensent en moyenne 120 à 130 féminicides au sein du couple chaque année en France.
Cette moyenne annuelle signifie qu'environ trois femmes meurent chaque semaine en France du fait de leurs partenaires ou ex-partenaires intimes. Selon les données officielles publiées par la Délégation aux victimes du ministère de l'Intérieur (rapport MIPROF 2025), une femme meurt tous les trois jours en France sous les coups d'un partenaire ou ex-partenaire intime. Ces chiffres positionnent la France dans une situation préoccupante à l'échelle européenne, malgré les dispositifs légaux renforcés au fil des années.
Facteurs de risque aggravé
Les experts en violences conjugales ont identifié plusieurs facteurs qui augmentent drastiquement le risque de féminicide. Parmi ces facteurs : la séparation ou la rupture du couple, particulièrement dans les mois suivant la séparation ; l'existence d'antécédents de violences ; la présence d'armes ou d'objets dangereux au domicile ; l'isolement social de la victime ; et les comportements de contrôle excessif exercés par l'auteur. Dans le cas de Bollène, le statut d'ex-compagnon du mis en examen et la présence documentée d'antécédents violents constituent deux facteurs de risque cumulatifs majeurs.
Le cadre légal français face aux violences conjugales
Sur le plan législatif, la loi du 28 décembre 2019 (loi n° 2019-1480) a introduit plusieurs mesures de protection des victimes de violences conjugales. Parmi les dispositifs mis en place : le bracelet anti-rapprochement (BAR), qui permet de surveiller le respect des ordonnances restrictives ; le téléphone grave danger (TGD), un dispositif permettant une alerte immédiate en cas de violation de mesures de protection ; et la suspension automatique de l'autorité parentale en cas de féminicide ou de tentative.
La loi du 3 août 2018 a également créé le crime de violence psychologique et a renforcé les peines applicables aux violences conjugales. Cependant, malgré ces avancées législatives, la mise en œuvre effective de ces mesures demeure inégale selon les régions et les juridictions, et le nombre de féminicides n'a pas connu la décroissance espérée par les législateurs.
Protocoles d'intervention et dispositifs d'alerte
En 2026, les autorités françaises disposent de plusieurs outils pour intervenir en cas de violences conjugales : le 3919, numéro national gratuit d'aide aux femmes victimes de violences ; les ordonnances de protection émises par les juges aux affaires familiales ; les mesures de contrôle électronique ; et les protocoles de signalement entre les services de police, les services sociaux et les structures d'accueil.
Cependant, l'efficacité de ces dispositifs dépend de leur activation précoce, de leur application rigoureuse et de la coopération entre différentes institutions. Dans le cas de ce féminicide à Bollène, il reste à déterminer si tous les dispositifs disponibles ont été activés et mobilisés avant le drame.
Impact et mobilisation suite au décès de Katerina Lukesova
Le meurtre de Katerina Lukesova a suscité une mobilisation au sein des collectifs de défense des droits des femmes, qui réclament une augmentation des moyens alloués à la prévention et à l'accompagnement des victimes. Les associations spécialisées appellent à une meilleure formation des forces de l'ordre aux spécificités des violences conjugales et à une application plus stricte des mesures de protection.
Recommandations pour prévenir les féminicides
Les experts et les associations recommandent plusieurs mesures prioritaires : renforcer la formation des professionnels (police, gendarmerie, magistrature, personnels de santé) à la détection des signaux d'alerte ; améliorer l'accès à l'aide et à l'hébergement d'urgence pour les femmes victimes ; appliquer systématiquement les mesures de protection légales disponibles ; développer des programmes de sensibilisation et d'éducation au sein des écoles et des établissements d'enseignement supérieur ; et investir dans des études prospectives pour affiner les outils d'évaluation du risque léthal.
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