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Maroc : un grand-père tué par son petit-fils à Al Hoceima, une mère assassinée par son fils à Moulay Yacoub
Faits divers🇲🇦 Maroc
29 mai 2026·5 min de lecture·Noura Abdellaoui

Maroc : un grand-père tué par son petit-fils à Al Hoceima, une mère assassinée par son fils à Moulay Yacoub

Deux drames familiaux survenus à 48 heures d'intervalle au Maroc : un sexagénaire poignardé par son petit-fils de 30 ans à Al Hoceima, et une mère d'une quarantaine d'années assassinée par son fils adolescent à Moulay Yacoub.

Le Maroc a été endeuillé par deux meurtres intrafamiliaux survenus à moins de 48 heures d'intervalle, dans deux provinces distinctes. À Al Hoceima, un homme d'une soixantaine d'années a été poignardé à mort par son petit-fils. À Moulay Yacoub, une mère d'environ 40 ans a été tuée par son propre fils de 17 ans.

Al Hoceima : un grand-père poignardé par son petit-fils

Le vendredi 22 mai 2026, un drame irréparable s'est produit dans le douar Arrabida, situé dans la commune rurale de Nekkour, province d'Al Hoceima. Un homme sexagénaire a été poignardé à mort lors d'une dispute avec son petit-fils âgé de 30 ans.

Le mobile de la querelle reste inconnu à ce stade de l'enquête. Les éléments de la police judiciaire ont procédé à l'arrestation immédiate du suspect, placé en garde à vue pour les besoins de l'enquête. Le dossier a été transmis au parquet compétent.

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Moulay Yacoub : un adolescent tue sa mère au couteau

Deux jours plus tôt, le mercredi 20 mai 2026, un autre drame familial survenait dans la région de Ras el-Ma, commune d'Aïn Chkef, province de Moulay Yacoub. Un adolescent de 17 ans a assassiné sa mère à l'arme blanche.

Selon les premières informations communiquées par les autorités, le fils aurait commis cet acte après que sa mère aurait refusé de se soumettre à ses exigences. Le suspect a été immédiatement interpellé et placé en garde à vue. En raison de sa minorité, il sera jugé conformément à la législation marocaine sur la justice des mineurs.

Les violences intrafamiliales au Maroc : un phénomène préoccupant

Ces deux drames s'inscrivent dans un contexte de préoccupation croissante face aux violences au sein des familles marocaines. Selon les données du Haut-Commissariat au Plan (HCP), une proportion significative des actes de violence déclarés au Maroc se produisent dans le cercle familial proche.

La loi 103-13, adoptée en 2018, a renforcé le cadre juridique de lutte contre les violences faites aux femmes, mais les violences intrafamiliales plus larges — incluant celles perpétrées envers les parents et les aînés — demeurent un sujet moins médiatisé et insuffisamment couvert par les dispositifs d'aide.

Ressources d'aide

  • Police secours : 19
  • Gendarmerie royale : 177
  • Espace Aïcha (violences conjugales) : 0800 008 008 — gratuit et confidentiel

Violence intrafamiliale au Maroc : cadre légal et ressources

La violence intrafamiliale au Maroc ne se limite pas aux violences conjugales. Elle englobe les violences entre parents ascendants et descendants, entre frères, ou entre générations. Ces formes de violence sont souvent sous-déclarées, en raison de la stigmatisation sociale et du sentiment d'honneur familial qui pousse à régler les conflits en interne. Les deux affaires d'Al Hoceima et Moulay Yacoub illustrent l'extrémité tragique de cette réalité.

Sur le plan juridique, le Code pénal marocain prévoit des circonstances aggravantes lorsqu'un meurtre est commis sur un ascendant (parent ou grand-parent). La minorité de l'auteur, comme dans le cas du fils de 17 ans à Moulay Yacoub, est traitée par les juridictions pour mineurs, qui privilégient en principe les mesures de rééducation, mais qui peuvent prononcer des peines d'emprisonnement pour les crimes les plus graves.

Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) a réalisé plusieurs enquêtes nationales sur la violence dans les ménages marocains. Elles indiquent que les violences physiques au sein de la famille touchent toutes les régions et tous les milieux socio-économiques. Les campagnes de sensibilisation menées par le ministère de la Solidarité et des associations comme Aswat Nissa visent à encourager les victimes et les témoins à signaler les situations de violence avant qu'elles n'atteignent un point de non-retour.

Questions fréquentes

La violence intrafamiliale est-elle un crime au Maroc ? Oui. La loi 103-13 de 2018 criminalise les violences faites aux femmes, y compris dans le cadre familial. Pour les violences entre autres membres de la famille (enfants sur parents, par exemple), le Code pénal s'applique avec des peines aggravées lorsque la victime est un ascendant. Comment porter plainte pour violence familiale au Maroc ? Rendez-vous dans n'importe quel commissariat de police ou brigade de gendarmerie. Vous pouvez également appeler le 0800 008 008 (Espace Aïcha, gratuit, pour les femmes victimes) ou le 8080 (Centre d'écoute national). Les maisons des droits de l'Homme dans les grandes villes offrent un accompagnement juridique gratuit. Un mineur auteur de violence grave est-il jugé comme un adulte au Maroc ? Non. Les mineurs de moins de 18 ans relèvent de la Justice pour mineurs (chambres spécialisées du tribunal). Pour les crimes graves, le juge peut prononcer une mesure de placement dans un établissement de rééducation ou, pour les 16-18 ans reconnus discernants, une peine d'emprisonnement ferme.
Tags#Faits divers#Maroc#AjiHelpMedia
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