Enfant de 6 ans forcé à boire de l'alcool au Maroc : trois suspects arrêtés
La DGSN a interpellé trois suspects, dont les deux oncles de la victime, après la diffusion d'une vidéo montrant un enfant de 6 ans contraint d'ingérer une substance alcoolisée. Les faits ont suscité une vive indignation nationale.
La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a procédé, entre le vendredi 29 et le samedi 30 mai 2026, à l'arrestation de trois suspects dans l'affaire d'un enfant de six ans contraint d'ingérer une substance alcoolisée. La vidéo, massivement relayée sur les réseaux sociaux, a suscité une vive indignation nationale. Les investigations ont établi que les trois mis en cause sont les oncles de la victime.
Une vidéo virale qui déclenche une enquête nationale
Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux a montré trois adultes incitant un enfant présenté comme leur neveu, âgé de six ans, à consommer une boisson suspectée d'être alcoolisée. Le contenu de la vidéo a immédiatement provoqué l'ouverture d'une enquête par les services de la DGSN, en coordination avec la DGST. Les réactions en ligne ont été massives, des milliers d'internautes réclamant l'identification et l'arrestation des auteurs.
Le vendredi 29 mai 2026, les éléments de la Brigade nationale de la police judiciaire ont interpellé le principal suspect. Le lendemain matin, deux autres suspects ont été arrêtés dans le douar Lekhessasma Moualine El Oued, à proximité de Benslimane, en coordination avec la Gendarmerie royale.
Vous êtes victime ou proche d'une victime ?
AjiHelp vous accompagne — 1 mois gratuit
Les suspects : les propres oncles de l'enfant
Les investigations ont établi que les deux suspects interpellés le samedi 30 mai sont des frères, et que l'enfant filmé est le fils de leur troisième frère — les faisant ainsi les oncles directs de la victime. Ce détail est particulièrement préoccupant : les violences et maltraitances intrafamiliales sur mineurs sont statistiquement les plus difficiles à détecter et à signaler, précisément parce que les auteurs appartiennent au cercle de confiance de l'enfant et de sa famille.
Les trois suspects ont été placés en garde à vue sous la supervision du parquet compétent. La présomption d'innocence demeure garantie jusqu'à décision définitive de justice.
Le rôle des réseaux sociaux dans le déclenchement de l'enquête
Cette affaire illustre un phénomène croissant : la dénonciation citoyenne via les réseaux sociaux comme déclencheur d'enquêtes judiciaires. Au Maroc comme ailleurs, des situations de maltraitance qui auraient pu rester invisibles sont portées à la connaissance des autorités grâce à la diffusion virale de vidéos. Ce mécanisme présente des avantages évidents — rapidité de réaction, pression sociale sur les services de l'ordre — mais aussi des risques : diffusion de contenus mettant en scène des mineurs victimes, erreurs d'identification, et risque de justice populaire.
La DGSN a agi rapidement en s'appuyant à la fois sur les signalements des internautes et sur ses propres capacités d'identification numérique. La coopération entre la police judiciaire et la gendarmerie royale a permis d'interpeller les suspects dans les 24 heures suivant la mise en ligne de la vidéo.
Protection de l'enfance au Maroc : cadre légal
Le Code pénal marocain protège les mineurs contre toute forme de maltraitance. L'administration d'une substance nuisible à un enfant, la mise en danger de son intégrité physique ou psychologique, et l'incitation d'un mineur à des comportements contraires à la loi constituent des infractions susceptibles d'entraîner des poursuites pénales pouvant aller jusqu'à la prison ferme. La loi 14-05 relative aux conditions d'ouverture et de gestion des établissements de protection sociale renforce également le cadre de prise en charge des mineurs victimes.
Les services de la DGSN disposent d'unités spécialisées dans la protection des mineurs, formées pour recueillir la parole des jeunes victimes dans des conditions adaptées à leur âge et à leur vulnérabilité.
Comment signaler une maltraitance sur mineur au Maroc
Si vous êtes témoin ou avez connaissance d'une situation de maltraitance sur un enfant, contactez immédiatement le 19 (Police nationale) ou le 177 (Gendarmerie royale). L'association Bayti et les services de la protection sociale des provinces peuvent également être alertés. Ne diffusez pas les vidéos mettant en scène des enfants victimes, même pour dénoncer : cela expose l'enfant à une victimisation supplémentaire et peut constituer une infraction.
L'application AjiHelp permet d'alerter rapidement vos proches de confiance en situation d'urgence. Numéros d'aide : 19 (Police), 177 (Gendarmerie), 0800 008 008 (Espace Aïcha, gratuit).
- Maroc : une vidéo montrant un enfant de 7 ans forcé à boire de l'alcool scandalise
- Casablanca : le chauffeur InDrive Yassine retrouvé calciné à Ouled Azzouz — trois suspects arrêtés dont une femme
- Maroc : un grand-père tué par son petit-fils à Al Hoceima, une mère assassinée par son fils à Moulay Yacoub
L'appli AjiHelp — en danger ? Vous n'êtes pas seul·e.
Ressources, signalement et entraide — gratuite, disponible sur iOS & Android



