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Violeur en série dans l'Oise : des victimes traumatisées témoignent
Violence sexuelle🇫🇷 France
21 juin 2026·3 min de lecture·Noura Abdellaoui

Violeur en série dans l'Oise : des victimes traumatisées témoignent

Dans l'Oise, plusieurs jeunes victimes d'un violeur en série présumé livrent des témoignages bouleversants. Marquées durablement, elles ont développé des comportements de protection nocturne inhabituels.

Dans le département de l'Oise, une affaire de viols en série présumés secoue la région depuis plusieurs semaines. Plusieurs jeunes victimes ont accepté de témoigner, révélant l'ampleur des séquelles psychologiques qui s'installent durablement après de tels crimes. Leurs récits convergent et dessinent le profil d'un auteur méthodique, agissant dans des zones peu fréquentées, ciblant des personnes vulnérables.

Des traumatismes qui reconfigurent le quotidien

L'un des témoignages les plus saisissants illustre à quel point la violence sexuelle peut désorganiser la vie la plus ordinaire : l'une des victimes dort désormais avec de multiples couches de vêtements superposés comme un rempart physique contre une menace toujours ressentie comme présente. Elle ne sort plus seule après 18h. Elle a abandonné ses activités sportives et ses liens sociaux se sont progressivement effrités.

Ce comportement traduit un état de vigilance permanente, caractéristique du syndrome de stress post-traumatique (SSPT) consécutif aux violences sexuelles. Chez les victimes jeunes, ce syndrome peut se manifester par des cauchemars récurrents, des flashbacks, une hyperréactivité aux stimuli, un évitement des lieux ou situations associés à l'agression, et une dissociation émotionnelle progressive.

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Les spécialistes en psychotraumatologie soulignent que sans prise en charge adaptée et rapide, ces symptômes peuvent devenir chroniques et affecter durablement le développement personnel, professionnel et affectif des victimes.

L'enquête judiciaire mobilise la police judiciaire

Les investigations sont confiées aux services de police judiciaire de l'Oise. L'identification du profil d'un auteur de viols en série repose sur un travail méthodique : recoupement des témoignages, analyse des modes opératoires, relevés ADN, exploitation des images de vidéosurveillance et profil géographique des agressions.

La brigade criminelle travaille en lien étroit avec les unités médico-judiciaires (UMJ) qui assurent la prise en charge médicale et légale des victimes dès le signalement. Les enquêteurs appellent tout témoin ou toute personne disposant d'informations à contacter le commissariat local ou le 17.

Comment accompagner une victime de viol

L'entourage d'une victime de violence sexuelle joue un rôle déterminant dans son rétablissement. Plusieurs principes fondamentaux doivent guider la réaction :

  • Croire sans réserve : ne jamais minimiser, questionner ou mettre en doute le récit de la victime.
  • Ne pas forcer le récit : laisser la personne décider du moment et de ce qu'elle souhaite partager.
  • Orienter vers des professionnels : psychologue, association de victimes, UMJ.
  • Rappeler que la honte appartient à l'agresseur : la culpabilité ressentie par les victimes est un mécanisme traumatique, pas une réalité.

Violences sexuelles en France : une réalité massive sous-déclarée

En 2025, les services de police et de gendarmerie ont enregistré 132 300 victimes de violences sexuelles en France, dont 76 200 mineures. La CIIVISE estime à 160 000 le nombre réel d'enfants victimes chaque année — soit une sous-déclaration massive. Les raisons sont multiples : peur de ne pas être cru, honte, emprise de l'agresseur, méconnaissance des recours.

Le taux de condamnation reste dramatiquement bas : seulement 3 % des viols aboutissent à une peine prononcée. Cette impunité structurelle alimente un sentiment d'abandon chez les victimes et leurs proches, et décourage de nombreuses personnes de porter plainte.

Déposer plainte : vos droits

Le dépôt de plainte peut s'effectuer dans n'importe quel commissariat ou gendarmerie, quel que soit le lieu des faits. La victime peut être accompagnée d'un proche ou d'un avocat. Si la plainte est refusée, elle peut être adressée directement au procureur de la République par courrier recommandé. La prescription pour les viols commis sur mineurs court jusqu'aux 38 ans de la victime.

Ressources

  • 3919 — Violences Femmes Info (gratuit, 24h/24, anonyme)
  • 119 — Allô Enfance en Danger
  • 0 800 05 95 95 — INAVEM, aide aux victimes (gratuit)
  • 17 — Police secours
Tags#Violence sexuelle#France#AjiHelpMedia
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