Marrakech : viol collectif et séquestration à Ouled Hassoun 2025
Quatre hommes déférés devant le parquet de Marrakech pour viol collectif et séquestration après l'évasion courageuse de deux victimes au Douar Darkawa.
⚠️ Contenu sensible — Cet article traite de violences sexuelles graves, de séquestration et de proxénétisme. Des ressources d'aide sont disponibles en bas de page.
Au Maroc, une affaire de viol collectif et de séquestration a éclaté dans la région de Marrakech. Quatre individus ont été déférés devant le parquet général près la cour d'appel de Marrakech, ainsi qu'une matrone soupçonnée de proxénétisme, après que deux jeunes femmes ont réussi à s'échapper de leurs ravisseurs et à alerter la gendarmerie. Les faits se sont déroulés au Douar Darkawa, dans le secteur relevant de la brigade de gendarmerie de Ouled Hassoun.
Les faits en détail
Selon les informations rapportées par le site arabophone Hespress et relayées par Article19.ma, trois jeunes femmes avaient été contactées par un proxénète qui leur avait promis une soirée dans une villa privée avec des clients fortunés originaires des pays du Golfe. C'est seulement une fois à bord du véhicule qu'elles ont réalisé que leur destination réelle n'était pas une villa luxueuse, mais un modeste douar à la périphérie de Marrakech.
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Une fois sur place, les victimes ont été séquestrées dans une maison isolée. Les quatre mis en cause, armés de couteaux et d'armes blanches, ont utilisé ces armes pour menacer les jeunes femmes et les contraindre à subir des violences sexuelles. Deux d'entre elles ont été violées collectivement. La troisième était sur le point de subir le même sort au moment de l'intervention des forces de l'ordre.
Face à cette situation désespérée, deux des victimes ont fait preuve d'un sang-froid remarquable. Elles ont feint de consommer de l'alcool avec leurs ravisseurs, attendant patiemment que ces derniers sombrent dans l'ivresse. Profitant de ce moment de relâchement, elles ont réussi à prendre la fuite et à rejoindre les forces de gendarmerie pour donner l'alerte.
Alertés en pleine nuit, les gendarmes de Ouled Hassoun ont immédiatement lancé une opération de recherche, mobilisant notamment des chiens policiers. Les enquêteurs ont rapidement localisé la maison du Douar Darkawa utilisée par les suspects pour commettre leurs méfaits. Lors de la perquisition, ils ont procédé à l'arrestation des quatre hommes en flagrant délit, libéré la troisième victime encore retenue, et saisi les armes blanches utilisées pour menacer les victimes.
Un élément particulièrement troublant a été mis au jour lors des investigations : au moment de leur arrestation, les quatre individus s'apprêtaient à filmer la troisième victime après l'avoir violée à tour de rôle, ce qui aurait constitué une preuve supplémentaire de leur emprise et un outil potentiel de chantage ou d'humiliation.
Parallèlement, un proxénète a été interpellé à Marrakech. L'analyse de son téléphone portable a révélé les numéros de nombreuses jeunes femmes faisant appel à ses services, notamment pour des rendez-vous avec des clients fortunés originaires des pays du Golfe. Cette découverte laisse craindre l'existence d'un réseau de proxénétisme organisé opérant dans la région.
Contexte et enquête
Cette affaire s'inscrit dans un contexte préoccupant de violences sexuelles au Maroc. Selon les données du ministère de la Justice marocain et des associations de défense des droits des femmes, les violences sexuelles demeurent largement sous-déclarées dans le royaume, en raison de la stigmatisation sociale des victimes et de la crainte des représailles. L'association Anaruz, réseau national de centres d'écoute pour femmes victimes de violence, recense chaque année des milliers de cas de violences sexuelles et physiques à travers le pays.
La loi n° 103-13 relative à la lutte contre les violences faites aux femmes, adoptée au Maroc en 2018, a renforcé le cadre juridique de protection des victimes. Elle a notamment introduit des dispositions spécifiques sur le harcèlement sexuel, les violences conjugales et les agressions sexuelles, tout en prévoyant des mécanismes de protection d'urgence pour les victimes.
Dans cette affaire, le parquet général près la cour d'appel de Marrakech a été saisi. Les quatre mis en cause ainsi que la matrone soupçonnée de proxénétisme ont été déférés devant cette juridiction. L'enquête est menée par la gendarmerie royale sous la supervision du parquet, conformément aux dispositions du Code de procédure pénale marocain. Les investigations portent notamment sur l'étendue du réseau de proxénétisme identifié grâce au téléphone saisi.
Ce que dit la loi
Au Maroc, le viol est défini et sanctionné par l'article 486 du Code pénal, qui prévoit une peine d'emprisonnement de cinq à dix ans. Lorsque le viol est commis avec des circonstances aggravantes — notamment lorsqu'il est perpétré par plusieurs personnes (viol collectif), avec usage d'armes ou sur une victime particulièrement vulnérable — la peine peut être portée jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle.
La séquestration est quant à elle réprimée par les articles 436 et suivants du Code pénal marocain. Lorsqu'elle est accompagnée de violences ou de menaces, les peines encourues sont significativement alourdies et peuvent atteindre la réclusion à perpétuité si la séquestration a duré plus d'un mois ou si elle a entraîné des tortures ou des actes de barbarie.
Le proxénétisme est sanctionné par les articles 498 à 503 du Code pénal marocain, avec des peines pouvant aller de deux à dix ans d'emprisonnement, assorties d'amendes. Lorsque le proxénétisme est exercé de manière habituelle ou organisée, les peines sont aggravées.
La tentative de filmer les victimes lors des agressions sexuelles constitue également une infraction distincte, susceptible d'être qualifiée d'atteinte à la vie privée et à la dignité des personnes, passible de sanctions supplémentaires en vertu du Code pénal marocain.
Chronologie
- Avant les faits — Un proxénète contacte trois jeunes femmes et leur propose une soirée dans une villa avec des clients des pays du Golfe.
- Pendant le trajet — Les victimes réalisent qu'elles sont conduites non pas vers une villa, mais vers un modeste douar à la périphérie de Marrakech.
- Séquestration — Les trois femmes sont retenues de force dans une maison du Douar Darkawa. Deux d'entre elles sont violées collectivement par les quatre mis en cause, sous la menace d'armes blanches.
- Évasion — Deux victimes font semblant de boire de l'alcool avec leurs ravisseurs, attendent qu'ils soient ivres, puis prennent la fuite et alertent la gendarmerie de Ouled Hassoun.
- Intervention nocturne — Les gendarmes lancent une opération de recherche avec des chiens policiers et localisent la maison du Douar Darkawa.
- Arrestation — Les quatre suspects sont interpellés en flagrant délit, alors qu'ils s'apprêtaient à violer et filmer la troisième victime. Celle-ci est libérée. Les armes blanches sont saisies.
- Arrestation du proxénète — La matrone soupçonnée de proxénétisme est arrêtée à Marrakech. Son téléphone révèle un réseau de contacts impliquant de nombreuses jeunes femmes et des clients du Golfe.
- Déferrement — Les cinq mis en cause sont déférés devant le parquet général près la cour d'appel de Marrakech pour séquestration, viol collectif et proxénétisme.
Ressources et aide
- 19 — Police secours (Maroc)
- 1515 — Aide aux femmes victimes de violence (Maroc)
- 0800 30 030 — SOS Violences conjugales (Belgique)
- 3919 — Violences Femmes Info (France)
- 116 006 — Aide aux victimes, France Victimes (France)
- 17 — Police secours (France)
- 119 — Enfance en danger (France)
- AjiHelp — Application d'aide aux victimes de violences, harcèlement et mal-être — disponible sur App Store et Google Play
Article rédigé par Noura Abdellaoui, journaliste spécialisée faits divers et violences pour AjiHelp Media. AjiHelp est une application d'aide aux victimes de violences, de harcèlement et de mal-être. Ressources d'urgence, témoignages et contacts en quelques secondes — disponible sur iOS et Android.
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