Casablanca : 15 ans de réclusion pour un violeur en série récidiviste
À Casablanca, un homme de 28 ans déjà condamné pour viol a écopé de quinze ans de réclusion criminelle le 9 juillet 2026. La Cour d'Appel l'a reconnu coupable d'enlèvement, séquestration, viol et menaces armées sur quatre victimes.
Un homme de 28 ans, résident du quartier Hay Moulay Rachid à Casablanca, a été condamné le 9 juillet 2026 à quinze ans de réclusion criminelle par la Chambre criminelle de la Cour d'Appel de Casablanca. Les charges retenues contre lui sont particulièrement graves : enlèvement, séquestration, viol, menaces avec arme blanche et coups et blessures. Quatre femmes ont été victimes de ses agissements.
Les faits : un modus operandi méthodique et prédateur
Selon les éléments portés à la connaissance de la juridiction, le condamné avait instauré un mode opératoire précis. Il repérait ses cibles parmi de jeunes femmes vivant seules dans son quartier, étudiait leurs habitudes et leurs horaires de sortie, puis passait à l'acte au moment où elles quittaient leur domicile. Pour neutraliser toute résistance, il utilisait l'intimidation physique — notamment en couvrant la bouche de ses victimes — et brandissait un couteau pour les contraindre au silence.
Le parquet a mis en avant lors des audiences la préméditation manifeste des actes, ainsi que le caractère particulièrement vulnérable des victimes, toutes ciblées en raison de leur isolement. Le procureur a requis les peines maximales, soulignant que l'intéressé n'avait tiré aucune leçon d'une précédente condamnation à quatre ans d'emprisonnement pour viol. La défense avait plaidé des circonstances atténuantes, sans succès.
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Lors de ses auditions, le mis en cause avait adopté une attitude évasive, refusant de fournir des explications claires sur les faits qui lui étaient reprochés. Les avocats des parties civiles ont insisté sur le traumatisme durable subi par chacune des quatre victimes et sur la nécessité d'une réponse judiciaire ferme.
La décision de justice : quinze ans ferme pour un récidiviste
La Chambre criminelle de la Cour d'Appel de Casablanca a prononcé, le 9 juillet 2026, une peine de quinze ans de réclusion criminelle. Cette décision tient compte de la pluralité des infractions retenues — enlèvement, séquestration, viol, menaces avec arme blanche et voies de fait — et de la récidive légale, le condamné ayant déjà purgé une peine de quatre ans pour des faits similaires.
La sévérité de la sentence reflète la position de la juridiction face à un profil criminel jugé particulièrement dangereux pour la sécurité publique. En droit marocain, le crime de viol est puni par l'article 486 du Code pénal d'une peine de cinq à dix ans d'emprisonnement, portée à dix à vingt ans lorsqu'il est commis avec violences, menaces ou ruse — circonstances caractérisées dans cette affaire. La récidive constitue un facteur aggravant supplémentaire permettant au juge de prononcer des peines majorées.
Contexte : les violences sexuelles au Maroc, un défi judiciaire et social
Les violences faites aux femmes demeurent un enjeu majeur au Maroc. Selon la deuxième Enquête Nationale réalisée par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), le taux de prévalence des violences subies par les femmes a atteint 54,4 % au cours des douze mois précédant l'enquête. Les violences dans les espaces publics concernent 12,4 % des femmes âgées de 18 à 64 ans à l'échelle nationale.
Face à ces réalités, le législateur marocain a adopté en 2018 la loi n° 103-13 relative à la lutte contre les violences faites aux femmes, introduisant de nouvelles incriminations et renforçant les peines applicables aux auteurs de violences physiques, sexuelles et psychologiques. Cette loi a également facilité l'accès des victimes à la protection judiciaire par le biais d'ordonnances de protection.
La Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN) a enregistré en 2025 une baisse de 10 % des indicateurs de criminalité violente à l'échelle du Royaume, avec un taux d'élucidation des affaires pénales atteignant 95 %. Ces résultats témoignent d'un renforcement des dispositifs sécuritaires, même si des affaires comme celle-ci rappellent la nécessité d'un suivi rigoureux des profils récidivistes.
Ce qu'il faut retenir
La condamnation à quinze ans de réclusion criminelle prononcée par la Cour d'Appel de Casablanca envoie un signal clair : la récidive en matière de crimes sexuels est sévèrement sanctionnée. Quatre femmes ont été victimes d'un même individu déjà condamné pour viol. Cette affaire met en lumière l'importance du suivi des profils récidivistes après leur libération, ainsi que la nécessité pour les victimes de porter plainte sans délai afin de permettre aux autorités judiciaires d'agir rapidement.
Si vous êtes victime de violences sexuelles ou si vous êtes témoin de faits similaires, signalez-les immédiatement aux autorités compétentes.
Ressources et aide — Maroc
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- 0800 008 008 — Espace Aïcha, violences faites aux femmes (gratuit)
- 15 — SAMU
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