Violences intrafamiliales non conjugales : +9% en 2024 en France
Les violences intrafamiliales non conjugales ont bondi de 9% en 2024 selon le ministère de l'Intérieur. Chiffres, causes et ressources d'aide.
⚠️ Alerte sensibilité : cet article traite de violences familiales, notamment envers des enfants et des personnes vulnérables. Si vous êtes en danger, appelez le 17 (police) ou le 3919 (violences femmes info).
En 2024, les violences intrafamiliales non conjugales enregistrées par les services de sécurité français ont augmenté de 9% par rapport à l'année précédente, selon les données publiées par le ministère de l'Intérieur. Cette hausse concerne les violences commises au sein de la famille mais en dehors du cadre strictement conjugal : violences parentales, fraternelles, intergénérationnelles ou encore entre membres de la famille élargie.
Que recouvrent les violences intrafamiliales non conjugales ?
Les violences intrafamiliales non conjugales désignent l'ensemble des actes de violence physique, psychologique, sexuelle ou économique commis entre membres d'une même famille, à l'exclusion des violences entre partenaires intimes. Elles incluent notamment :
- Les violences parentales sur enfants (maltraitance physique, psychologique, négligence grave)
- Les violences entre fratries, souvent sous-estimées
- Les violences exercées par des enfants adultes sur leurs parents âgés
- Les violences entre autres membres de la famille (oncles, tantes, grands-parents)
Ces formes de violences sont historiquement moins médiatisées que les violences conjugales, mais elles représentent une réalité massive et souvent silencieuse au sein des foyers français.
Une hausse de 9% : que nous disent ces chiffres ?
La progression de 9% en 2024 des faits enregistrés par les forces de l'ordre est significative. Elle peut s'expliquer par plusieurs facteurs combinés :
- Une meilleure prise en charge des signalements : les campagnes de sensibilisation et la formation des forces de l'ordre ont encouragé davantage de victimes à porter plainte.
- Un contexte socio-économique dégradé : les tensions financières, le surpeuplement des logements et les difficultés post-pandémiques continuent de peser sur les dynamiques familiales.
- Une réalité en augmentation réelle : au-delà du seul effet de déclaration, les experts alertent sur une aggravation effective des situations de violence au sein des familles.
Il convient toutefois de rappeler que les chiffres officiels ne reflètent qu'une partie de la réalité : une grande majorité des violences intrafamiliales reste non déclarée, par peur des représailles, par honte ou par méconnaissance des droits.
Enfants et personnes âgées : les profils les plus vulnérables
Parmi les victimes de violences intrafamiliales non conjugales, les enfants et les personnes âgées sont les plus exposés. En France, le Groupement d'intérêt public Enfance en Danger (GIPED) et le 119 — Allô Enfance en Danger reçoivent chaque année des dizaines de milliers d'appels signalant des situations préoccupantes. La maltraitance infantile, qu'elle soit physique, psychologique ou sexuelle, constitue une priorité de santé publique reconnue par les pouvoirs publics.
Du côté des personnes âgées, la maltraitance au sein des familles reste un sujet tabou, souvent dissimulé derrière des liens affectifs complexes ou une dépendance économique et affective de la victime envers son agresseur.
Réactions institutionnelles et suites attendues
La publication de ces statistiques par le ministère de l'Intérieur intervient dans un contexte de mobilisation nationale contre toutes les formes de violences familiales. Des plans d'action interministériels sont en cours, visant à renforcer la détection précoce, améliorer l'accompagnement des victimes et former davantage les professionnels de première ligne (enseignants, médecins, travailleurs sociaux).
Les associations de protection de l'enfance et de défense des droits des personnes vulnérables appellent à une augmentation des moyens humains et financiers alloués aux services de protection, ainsi qu'à une meilleure coordination entre les acteurs judiciaires, sociaux et médicaux.
Ressources et que faire si vous êtes concerné
Si vous êtes victime ou témoin de violences intrafamiliales, plusieurs dispositifs existent :
- 📞 3919 — Violences Femmes Info (gratuit, 24h/24, 7j/7)
- 📞 119 — Allô Enfance en Danger (gratuit, pour signaler une situation préoccupante concernant un enfant)
- 📞 17 — Police secours (en cas de danger immédiat)
- 🌐 arretonslesviolences.gouv.fr — Portail national de référence
N'attendez pas que la situation s'aggrave. Chaque signalement compte et peut sauver une vie.
L'appli AjiHelp — en danger ? Vous n'êtes pas seul·e.
Ressources, signalement et entraide — gratuite, disponible sur iOS & Android


