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Traite et exploitation sexuelle au Maroc : "Moulinex" condamné à 6 ans, réseau à Marrakech démantelé
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23 mai 2026·3 min de lecture·Rédaction AjiHelp Media

Traite et exploitation sexuelle au Maroc : "Moulinex" condamné à 6 ans, réseau à Marrakech démantelé

Avril 2026 : le créateur de contenu "Moulinex" et une complice écopent de 6 ans ferme pour traite d'êtres humains et exploitation sexuelle de mineurs. À Marrakech, un réseau impliquant des ressortissants indiens est démantelé. Le Maroc face à une forme de criminalité en expansion.

En l'espace de quelques semaines au printemps 2026, deux affaires majeures de traite des êtres humains ont secoué le Maroc. À Casablanca, le créateur de contenu connu sous le pseudonyme "Moulinex" et une femme prénommée Ibtissam ont été condamnés à 6 ans de prison ferme pour traite, exploitation sexuelle de mineurs et diffusion de contenus illicites. À Marrakech, un réseau criminel impliquant des ressortissants indiens a été démantelé pour exploitation sexuelle d'enfants.

L'affaire "Moulinex" : 6 ans ferme pour traite et exploitation de mineurs

Le procès, ouvert le 20 janvier 2026, s'est conclu en avril par des peines exemplaires. Le prévenu, dont le pseudonyme en ligne était "Moulinex", et sa complice Ibtissam ont été reconnus coupables de :

  • Traite d'êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle
  • Exploitation sexuelle de mineurs
  • Production et diffusion de contenus pornographiques impliquant des mineurs
  • Violations de la réglementation sur les contenus numériques

Selon les informations rapportées par Médias24, les victimes étaient recrutées via les réseaux sociaux, piégées dans des situations compromettantes filmées, puis contraintes à des actes sexuels sous peine de diffusion des enregistrements — une technique connue sous le nom de sextorsion.

Les 6 ans de prison ferme prononcés contre les deux prévenus constituent l'une des peines les plus lourdes jamais appliquées au Maroc dans le cadre de la loi 27-14 sur la traite des êtres humains.

Marrakech : un réseau indien d'exploitation d'enfants démantelé

En mai 2026, un réseau criminel structuré impliquant des ressortissants indiens a été mis au jour à Marrakech. Selon les enquêteurs, ce réseau organisait l'exploitation sexuelle d'enfants et de mineurs, avec la complicité de locaux — notamment un gérant de restaurant et de boîte de nuit qui facilitait l'accès de mineurs aux espaces nocturnes.

Plusieurs arrestations ont été opérées. Des procédures judiciaires sont en cours. L'enquête a mis en lumière les liens entre le secteur touristique de luxe et les réseaux de prostitution organisée ciblant des mineurs.

Le Maroc : pays de transit et de destination

L'exploitation sexuelle est la forme la plus courante de traite des êtres humains au Maroc. Selon le rapport annuel de la Commission nationale de lutte contre la traite des êtres humains (CNCLT) :

  • 283 cas documentés d'exploitation sexuelle recensés officiellement — chiffre sous-estimé
  • Les victimes sont majoritairement des femmes et filles marocaines, mais aussi des ressortissantes d'Afrique subsaharienne
  • Le Maroc est également un pays de transit pour les réseaux qui opèrent vers l'Europe
  • Internet et les réseaux sociaux ont amplifié le recrutement des victimes

La loi 27-14 : un cadre légal, une application insuffisante

Adoptée en août 2016, la loi 27-14 relative à la lutte contre la traite des êtres humains prévoit des peines allant de 5 ans à la réclusion à perpétuité en cas d'exploitation d'enfants. Mais les associations dénoncent :

  • Le manque de structures d'hébergement pour les victimes
  • La stigmatisation des victimes qui hésitent à porter plainte
  • L'insuffisance de la coopération internationale face aux réseaux transnationaux
  • Le manque de formation des agents de police à l'identification des victimes

Comment signaler un cas de traite au Maroc ?

  • Appelez la Police (19) ou la Gendarmerie (177)
  • Signalez à la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ)
  • Contactez la CNCLT (Commission nationale contre la traite) via le ministère de la Justice
  • Pour les mineurs : Association Bayti (Casablanca) — bayti.ma

Ressources

  • 19 — Police (signalement)
  • 177 — Gendarmerie royale
  • Bayti : bayti.ma — enfants victimes
  • CNCLT : cnclt.justice.gov.ma
Tags#Actualités#Maroc#AjiHelpMedia
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