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Bruxelles : un réseau de traite de femmes chinoises forcées à la prostitution démantelé — jusqu'à 5 ans de prison
Actualités🇧🇪 Belgique
23 mai 2026·3 min de lecture·Rédaction AjiHelp Media

Bruxelles : un réseau de traite de femmes chinoises forcées à la prostitution démantelé — jusqu'à 5 ans de prison

En mai 2026, le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné 8 membres d'un réseau de traite des êtres humains à des peines allant de 18 mois à 5 ans de prison. Des femmes chinoises étaient amenées à Bruxelles, leurs passeports confisqués, et forcées à se prostituer.

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a rendu, en mai 2026, un verdict sévère contre un réseau de traite des êtres humains à but d'exploitation sexuelle. Huit membres de l'organisation ont été condamnés à des peines allant de 18 mois à 5 ans de prison, assorties d'amendes pouvant atteindre 304 000 euros. Les victimes : des femmes chinoises amenées en Belgique sous de faux prétextes, leurs passeports confisqués, et forcées à se prostituer dans la capitale belge.

Le fonctionnement du réseau : une mécanique d'emprise totale

Selon les éléments retenus par le tribunal, le réseau opérait selon un schéma classique mais particulièrement organisé :

  1. Recrutement en Chine : les femmes étaient approchées sous de faux prétextes — travail légal, opportunités économiques en Europe
  2. Confiscation des passeports à leur arrivée en Belgique, les rendant juridiquement invisibles et dépendantes
  3. Imposition d'une dette fictive : les victimes étaient endettées auprès de leurs exploiteurs pour le voyage, le logement et les "frais"
  4. Accaparement des revenus : les membres du réseau s'arrogeaient une grande partie des revenus générés par la prostitution
  5. Contrôle par la peur : menaces de signalement aux autorités, isolement, surveillance constante

Les peines prononcées

Le tribunal a condamné les huit prévenus à des peines différenciées selon leur rôle dans l'organisation :

  • Les têtes du réseau : 5 ans de prison ferme + amendes de 200 000 à 304 000 euros
  • Les intermédiaires : 2 à 3 ans de prison (partiellement avec sursis) + amendes
  • Les exécutants : 18 mois de prison (avec sursis) + amendes de 8 000 euros

Le parquet avait requis des peines plus lourdes, mais le tribunal a tenu compte du comportement des prévenus durant l'instruction.

La traite des êtres humains en Belgique : chiffres et réalités

La Belgique est à la fois un pays de transit et de destination pour les réseaux de traite. Selon le rapport annuel de MyriamEx (anciennement Myria), l'organe fédéral pour l'analyse de la migration :

  • Chaque année, plusieurs centaines de victimes de traite sont officiellement identifiées en Belgique — un chiffre largement inférieur à la réalité estimée
  • L'exploitation sexuelle représente environ 55% des cas
  • L'exploitation du travail (secteur agricole, construction, restauration) représente 40%
  • Les victimes viennent principalement d'Europe de l'Est, d'Afrique subsaharienne, d'Amérique latine et d'Asie

Les nouvelles formes de traite : l'ère numérique

Les réseaux de traite se sont adaptés au digital. Le recrutement se fait désormais via les réseaux sociaux (Instagram, TikTok, Snapchat) et les applications de rencontre. Les victimes sont souvent contactées par de faux profils romantiques — la technique du "loverboy" ou "romeo pimp" — qui créent une dépendance affective avant l'exploitation.

La prostitution se déplace aussi vers les plateformes en ligne, rendant la détection plus difficile pour les forces de l'ordre.

Le rôle des associations : PAG-ASA au front

L'association bruxelloise PAG-ASA est la principale organisation belge d'aide aux victimes de traite des êtres humains. Elle offre hébergement d'urgence, accompagnement juridique, soutien psychologique et aide à la régularisation du séjour. Son numéro : 02 511 64 64.

Comment signaler un cas de traite ?

Si vous suspectez une situation de traite des êtres humains :

  • Appelez la police au 101 ou les urgences au 112
  • Contactez l'Inspection sociale si le contexte est professionnel
  • Signalez via le site de la Police fédérale : polfed.be
  • Contactez PAG-ASA : 02 511 64 64

Ressources

  • 02 511 64 64 — PAG-ASA (victimes de traite, Bruxelles)
  • 0800 16 179 — Centre d'Accueil pour Victimes (Liège)
  • 101 — Police (signalement)
  • pag-asa.be | polfed.be
Tags#Actualités#Belgique#AjiHelpMedia
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