Revenge porn et sextorsion : que faire si vous êtes victime ?
Revenge porn, sextorsion : que dit la loi, comment réagir, où porter plainte ? En France, les demandes d'assistance pour sextorsion ont bondi de 924 % en 2024. Guide complet et ressources.
Chaque année en France, des milliers de personnes sont victimes de revenge porn ou de sextorsion. Selon le rapport d'activité 2024 de Cybermalveillance.gouv.fr, les demandes d'assistance pour sextorsion ont augmenté de 924 % en un an, multipliant par dix en un seul exercice le nombre de victimes accompagnées. Comprendre ce que sont ces infractions, connaître la loi et savoir comment réagir peut faire la différence.
Revenge porn et sextorsion : de quoi s'agit-il ?
Le revenge porn (pornodivulgation)
Le revenge porn, ou pornodivulgation, consiste à diffuser des images ou vidéos à caractère sexuel d'une personne sans son consentement. Cela peut être un ex-partenaire qui publie des photos intimes, ou une tierce personne qui les partage sur des réseaux sociaux, des forums ou des sites pornographiques.
La sextorsion
La sextorsion va plus loin : l'auteur menace de diffuser des contenus intimes sauf si la victime verse de l'argent, envoie de nouvelles images ou réalise d'autres actes. Les jeunes sont particulièrement ciblés. Les escrocs entrent en contact via des applications de rencontres ou des réseaux sociaux, obtiennent des images, puis exercent un chantage.
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Que dit la loi française ?
L'article 226-2-1 du Code pénal punit la diffusion de contenus à caractère sexuel sans consentement de deux ans d'emprisonnement et 60 000 euros d'amende, même si les images ont été prises avec l'accord de la personne. Cette peine s'applique que le contenu soit diffusé sur internet, par message privé ou par tout autre moyen.
La sextorsion est en outre poursuivie au titre du chantage (article 312-10 du Code pénal), punissable de cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende, portée à sept ans et 100 000 euros si la menace est mise à exécution.
Que faire si vous êtes victime ?
Ne pas payer, ne pas négocier
Payer n'arrête pas le chantage — cela l'amplifie. L'auteur demandera davantage. Cesser tout contact est la première étape recommandée.
Conserver les preuves
Faites des captures d'écran des messages de menace, des profils et des contenus avant de bloquer l'auteur. Ces éléments seront utiles pour la plainte.
Signaler les contenus
Signalez immédiatement les contenus illicites sur les plateformes concernées. En France, la plateforme Cybermalveillance.gouv.fr propose une assistance aux victimes. La plateforme PHAROS (signalement.gouv.fr) permet de signaler tout contenu illicite en ligne.
Porter plainte
Rendez-vous dans n'importe quel commissariat ou brigade de gendarmerie pour déposer une plainte. Vous pouvez également déposer plainte en ligne sur le portail du ministère de l'Intérieur. Les délégués régionaux de la police judiciaire spécialisés en cybercriminalité (OCLCTIC) peuvent être saisis.
Ressources et aide
- 3018 — Numéro national contre le cyberharcèlement (gratuit, 24h/24)
- Cybermalveillance.gouv.fr — Assistance et signalement en ligne
- PHAROS (signalement.gouv.fr) — Signalement de contenus illicites
- 3919 — Violences Femmes Info (si violence conjugale associée)
- 17 — Police secours
AjiHelp est une application d'aide aux victimes de violences, de harcèlement et de mal-être. Ressources d'urgence, témoignages et contacts en quelques secondes — disponible sur iOS et Android.
Ressources et aide en France
- 3018 — Numéro national contre le cyberharcèlement (7j/7, 9h-23h, gratuit)
- Cybermalveillance.gouv.fr — assistance aux victimes de sextorsion et revenge porn
- PHAROS (signalement.gouv.fr) — signalement de contenus illicites en ligne
- Point de contact Net Écoute — netécoute.fr, ligne d'écoute pour le cyberharcèlement
- Association e-Enfance — spécialisée pour les mineurs victimes
La situation au Maroc
Au Maroc, la diffusion non consentie d'images intimes est punie par l'article 447-2 du Code pénal, introduit en 2016. Il prévoit une peine pouvant aller jusqu'à six mois d'emprisonnement et 10 000 dirhams d'amende, portée à un an et 20 000 dirhams si la victime est mineure. La plainte peut être déposée auprès de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) ou de la gendarmerie royale. Des cellules spécialisées dans la cybercriminalité existent dans les grandes villes.
La situation en Belgique
En Belgique, la loi du 31 juillet 2020 punit la diffusion d'images ou vidéos sexuelles sans consentement d'une peine d'un à cinq ans de prison et de 200 à 10 000 euros d'amende. Les victimes peuvent contacter le Centre de Crise National ou déposer plainte auprès d'une zone de police locale. La plateforme police-on-web.be permet un dépôt de plainte en ligne.
Comment prévenir le revenge porn et la sextorsion
- Ne jamais envoyer d'images intimes à quelqu'un que vous ne connaissez pas physiquement
- Activer la vérification en deux étapes sur tous vos comptes pour éviter le piratage
- Désactiver la synchronisation automatique des photos sur les applications tierces
- Vérifier régulièrement les permissions d'accès de vos applications à votre galerie photo
- En cas de relation se terminant, demander la suppression explicite de tout contenu partagé
Si des images ont déjà été diffusées, des services comme StopNCII.org (Stop Non-Consensual Intimate Images) permettent de créer une empreinte numérique de l'image pour la faire retirer automatiquement des principales plateformes partenaires.
Un phénomène qui touche aussi les hommes et les mineurs
Si les femmes adultes sont les premières victimes du revenge porn, la sextorsion touche massivement les adolescents et les hommes. Selon Cybermalveillance.gouv.fr, 85 % des victimes de sextorsion financière sont des hommes, souvent jeunes. Les réseaux organisés de sextorsion, principalement basés en Afrique de l'Ouest, utilisent des faux profils féminins pour piéger leurs victimes. En cas de doute, bloquer immédiatement et signaler sans attendre.
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