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El Jadida : 30 ans de réclusion pour un trio qui terrorisait les chauffeurs de taxi
violences🇲🇦 Maroc
4 juin 2026·4 min de lecture·Rédaction AjiHelp Media

El Jadida : 30 ans de réclusion pour un trio qui terrorisait les chauffeurs de taxi

La chambre criminelle de la Cour appel d El Jadida a condamné trois individus à 10 ans de réclusion chacun pour avoir formé une bande criminelle terrorisant les chauffeurs de taxi du cercle d Azemmour à l arme blanche.

El Jadida, 22 mai 2026 — La chambre criminelle de première instance près la Cour d appel d El Jadida a rendu mardi 22 mai un verdict sans appel : trois individus ont écopé chacun de 10 ans de réclusion criminelle, soit 30 ans de prison cumulés, pour avoir formé une bande criminelle qui terrorisait méthodiquement les chauffeurs de petits taxis de la commune de Sidi Ali Ben Hamdouch, dans le cercle d Azemmour. Un jugement qui marque la fin d un cauchemar pour les taximen de la région.

Des mois de terreur pour les chauffeurs

Pendant de longues semaines, ces travailleurs indépendants vivaient dans la peur. La bande avait instauré un climat de terreur dans les zones rurales isolées du cercle d Azemmour, ciblant délibérément des hommes qui conduisent seuls, transportent des espèces et opèrent loin des centres-villes bondés. Pour un chauffeur de taxi, une journée de travail peut représenter plusieurs centaines de dirhams de recettes. Une somme dérisoire pour certains, mais vitale pour ces pères de famille qui font tourner leur compteur de l aube jusqu au soir.

Plusieurs chauffeurs ont ainsi été victimes du trio avant que les plaintes ne se accumulent et que la justice ne s empare du dossier. Chaque agression laissait une trace durable : non seulement une perte financière immédiate, mais aussi un traumatisme psychologique profond, une peur de reprendre le volant, une méfiance généralisée envers tout passager inconnu.

Un mode opératoire cynique et rodé

La méthode des trois prévenus était calculée dans ses moindres détails. Le premier complice jouait le rôle du client ordinaire : il hélait un taxi, indiquait une destination plausible, s installait à l arrière sans éveiller les soupçons. Une fois le véhicule engagé sur une route isolée, à l écart de tout témoin potentiel, deux autres individus surgissaient, surgissant de la végétation ou d un véhicule dissimulé, armés d un sabre.

Sous la menace de l arme blanche, le chauffeur était contraint de remettre la totalité de sa recette du jour ainsi que son téléphone portable, puis abandonné sur place, choqué et dépouillé. Le trio disparaissait ensuite rapidement, laissant peu d indices.

Ce modus operandi révèle une organisation criminelle structurée, avec une répartition claire des rôles : l appât, les exécutants armés et vraisemblablement un guetteur. L absence de violence physique directe dans plusieurs cas ne diminue en rien le caractère traumatisant des agressions : la seule présence d une arme blanche et la situation de totale vulnérabilité dans laquelle se trouvaient les victimes constituent des violences psychologiques graves.

L enquête de la Gendarmerie royale

C est grâce aux plaintes déposées par deux chauffeurs de taxi victimes que les éléments de la Gendarmerie royale de Chtouka ont pu ouvrir une enquête judiciaire. Le travail d investigation a été minutieux : recueil des témoignages, analyse des zones d intervention, croisement des informations, surveillance discrète. Les enquêteurs ont progressivement reconstitué le mode opératoire et identifié les profils des suspects.

Un à un, les trois membres du groupe ont été localisés et interpellés. Leur arrestation a mis fin à la série d agressions qui frappait la commune de Sidi Ali Ben Hamdouch. Le dossier a ensuite été transmis au parquet compétent pour poursuites judiciaires, et les prévenus placés en détention provisoire dans l attente de leur comparution devant le tribunal.

Le procès et la condamnation

Lors des audiences devant la chambre criminelle, le ministère public a requis des peines sévères, arguant du caractère organisé et répété des infractions, du climat de peur instauré dans toute une communauté de travailleurs, et de la présence d armes lors des agressions. Le tribunal a retenu les chefs d accusation de constitution de bande criminelle, vol qualifié avec violence et sous la menace d une arme, coups et blessures volontaires, ainsi que trafic de stupéfiants.

Le verdict prononcé le 22 mai 2026 — dix ans de réclusion criminelle par personne — a été accueilli avec soulagement par les représentants des syndicats de chauffeurs de taxi de la région. Plusieurs d entre eux présents à l audience ont exprimé leur satisfaction tout en soulignant la nécessité de mesures préventives durables pour protéger leur profession.

La sécurité des taximen, un enjeu national

Au-delà de ce cas particulier, les agressions contre les chauffeurs de taxi constituent un problème structurel au Maroc. Ces travailleurs, souvent isolés, transportant des espèces, opérant parfois de nuit dans des zones peu sécurisées, représentent des cibles récurrentes pour les malfaiteurs. Les syndicats professionnels réclament depuis des années des mesures concrètes : installation de caméras embarquées, boutons d alerte reliés directement aux forces de l ordre, meilleure signalisation des zones à risque.

Des associations de défense des droits des travailleurs soulignent également l importance d un soutien psychologique post-agression, souvent inexistant pour cette catégorie de professionnels qui n ont généralement pas accès à une couverture sociale complète. Reprendre le volant après avoir vécu une telle expérience n est pas anodin, et la peur peut durablement affecter la capacité de ces hommes à exercer leur métier.

Ressources d aide

Si vous êtes victime d une agression ou témoin d un acte criminel au Maroc, contactez immédiatement le 19 (Police nationale) ou le 177 (Gendarmerie royale). En cas de danger immédiat, l application AjiHelp vous permet d envoyer une alerte géolocalisée silencieuse à vos contacts de confiance, sans avoir à parler ni déverrouiller votre téléphone.

Tags#violences#Maroc#AjiHelpMedia
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