Coupe du monde 2026 : risque de hausse des violences faites aux femmes
À l'occasion de la Coupe du monde 2026, des chercheurs alertent sur un possible pic de violences envers les femmes. Analyse des données et mesures de prévention.
⚠️ Contenu sensible — Cet article traite de violences conjugales et de violences envers les femmes. Des ressources d'aide sont disponibles en bas de page.
La Coupe du monde de football 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, mobilise des millions de supporters à travers le monde. Mais derrière la ferveur sportive, une question préoccupe chercheurs, associations et pouvoirs publics : les grands événements sportifs favorisent-ils une hausse des violences envers les femmes ? Les données scientifiques disponibles invitent à une vigilance accrue, notamment en France où les violences conjugales restent un fléau persistant.
Les faits en détail
La question du lien entre grands événements sportifs et violences faites aux femmes n'est pas nouvelle. Plusieurs études académiques, relayées notamment par The Conversation, ont tenté de mesurer l'impact des compétitions de football sur les comportements violents au sein des foyers. Les résultats, bien que nuancés, pointent vers une réalité préoccupante : lors des matchs de football à fort enjeu émotionnel, les appels aux services d'urgence et aux lignes d'écoute pour violences conjugales enregistrent des pics significatifs.
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En Grande-Bretagne, une étude publiée par le Lancaster University a montré que les incidents de violences domestiques augmentaient de 26 % les jours de match de l'équipe nationale, et de 38 % lorsque l'équipe perdait. Ces chiffres, bien que relatifs au contexte britannique, ont alimenté un débat international sur la responsabilité des organisateurs de compétitions sportives et des États dans la prévention de ces violences.
En France, le ministère de l'Intérieur a documenté une corrélation entre certains événements sportifs majeurs et une hausse des appels au 3919, numéro national de référence pour les femmes victimes de violences. Si aucune donnée officielle française spécifique à la Coupe du monde 2026 n'est encore disponible à ce stade, les associations de terrain alertent dès à présent sur la nécessité de renforcer les dispositifs d'écoute et d'accompagnement pendant toute la durée de la compétition, qui se déroule du 11 juin au 19 juillet 2026.
Les mécanismes explicatifs avancés par les chercheurs sont multiples : consommation accrue d'alcool lors des soirées de match, tensions émotionnelles liées aux résultats sportifs, regroupements festifs pouvant dégénérer, et enfin un sentiment d'impunité renforcé dans un contexte de liesse collective. Les femmes en situation de vulnérabilité — isolement géographique, dépendance économique, enfants en bas âge — sont particulièrement exposées durant ces périodes.
Des associations comme le Collectif Féministe Contre le Viol (CFCV) ou la Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF), qui gère le 3919, ont déjà mis en place des campagnes de sensibilisation à l'occasion de précédentes Coupes du monde. En 2022, lors du Mondial au Qatar, plusieurs pays européens avaient observé une recrudescence des signalements durant les phases finales de la compétition.
Contexte et enquête
En France, les violences conjugales constituent un problème de santé publique majeur. Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur publiés dans le bilan annuel 2024, 271 000 femmes ont été victimes de violences physiques ou sexuelles commises par leur partenaire ou ex-partenaire sur l'année. En 2023, 94 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, soit un féminicide tous les quatre jours environ.
L'Observatoire National des Violences Faites aux Femmes (ONVF) souligne que les violences conjugales sont sous-déclarées : seule une victime sur cinq dépose plainte. Ce chiffre illustre l'importance des dispositifs d'écoute téléphonique et des campagnes de sensibilisation, particulièrement dans des contextes à risque comme les grands événements sportifs.
Sur le plan judiciaire, aucune procédure spécifique liée à la Coupe du monde 2026 n'est en cours à ce stade. Cependant, les parquets français sont régulièrement saisis de dossiers de violences conjugales aggravées survenues lors de soirées sportives. Les forces de l'ordre ont reçu des instructions pour maintenir une vigilance renforcée durant toute la période de la compétition, en lien avec les associations partenaires.
Du côté des organisateurs, la FIFA et les comités d'organisation locaux ont été interpellés par des organisations féministes internationales pour intégrer des mesures de prévention des violences de genre dans leur dispositif de communication autour du Mondial 2026. Des campagnes de sensibilisation sont prévues dans les fan zones officielles aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
Ce que dit la loi
En France, les violences conjugales sont encadrées par plusieurs dispositions du Code pénal. L'article 222-14 du Code pénal punit les violences habituelles sur conjoint ou concubin de peines pouvant aller jusqu'à 10 ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende lorsqu'elles ont entraîné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours. En cas d'incapacité inférieure ou égale à huit jours, la peine peut atteindre 5 ans d'emprisonnement.
La loi du 28 décembre 2019 visant à agir contre les violences au sein de la famille a renforcé l'arsenal juridique disponible, notamment en instaurant le bracelet anti-rapprochement (BAR) et en facilitant la délivrance d'ordonnances de protection. L'article 515-9 du Code civil permet au juge aux affaires familiales de délivrer en urgence une ordonnance de protection à une victime de violences conjugales, dans un délai de six jours.
Par ailleurs, la loi Schiappa du 3 août 2018 a élargi la définition du harcèlement sexuel et renforcé les peines pour outrage sexiste. Tout acte de violence commis sous l'emprise de l'alcool constitue une circonstance aggravante susceptible d'alourdir les peines prononcées.
Chronologie
- 11 juin 2026 — Coup d'envoi de la Coupe du monde de football 2026 aux États-Unis, Canada et Mexique.
- 24 juin 2026 — Publication par The Conversation d'une analyse académique sur le lien entre grands événements sportifs et violences envers les femmes.
- Juin-juillet 2026 — Campagnes de sensibilisation lancées par les associations françaises de lutte contre les violences conjugales (FNSF, CFCV) en lien avec la compétition.
- 19 juillet 2026 — Date prévue de la finale de la Coupe du monde 2026 : période identifiée comme à risque maximal par les associations.
- Été 2026 — Bilan attendu des appels au 3919 et des signalements aux forces de l'ordre durant la période du Mondial.
Ressources et aide
- 3919 — Violences Femmes Info (numéro national, gratuit, 24h/24)
- 17 — Police secours (urgence immédiate)
- 116 006 — Aide aux victimes, France Victimes (gratuit)
- 119 — Enfance en danger (si des enfants sont exposés aux violences)
- AjiHelp — Application d'aide aux victimes de violences, disponible sur iOS et Android
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