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France 2025 : hausse des violences physiques et sexuelles, mineurs en première ligne
Violence🇫🇷 France
14 juillet 2026·6 min de lecture·Noura Abdellaoui

France 2025 : hausse des violences physiques et sexuelles, mineurs en première ligne

Le ministère de l'Intérieur publie ses chiffres 2025 : les violences physiques et sexuelles enregistrées sont en hausse, avec une augmentation particulièrement marquée pour les mineurs.

⚠️ Contenu sensible — Cet article traite de violences physiques et sexuelles, notamment envers des mineurs. Des ressources d'aide sont disponibles en bas de page.

Le ministère de l'Intérieur a publié, le 27 février 2026, ses statistiques officielles relatives aux victimes de violences physiques et sexuelles enregistrées en France au cours de l'année 2025. Les données révèlent une tendance préoccupante : une hausse globale des violences, avec une aggravation particulièrement significative concernant les violences physiques commises à l'encontre des mineurs. Ces chiffres, issus des services de police et de gendarmerie, constituent un signal d'alarme pour les pouvoirs publics, les associations de protection de l'enfance et l'ensemble de la société civile.

Les faits en détail

Selon le rapport du ministère de l'Intérieur publié en février 2026 et portant sur l'année 2025, les violences physiques et sexuelles enregistrées par les forces de l'ordre sont en augmentation par rapport à l'année précédente. Si la hausse concerne l'ensemble des catégories de victimes, c'est la situation des mineurs qui retient tout particulièrement l'attention des autorités : les violences physiques dont ils sont victimes ont connu une progression notable, dépassant la tendance générale observée pour les adultes.

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Ces statistiques s'appuient sur les plaintes et signalements enregistrés par la police nationale et la gendarmerie nationale sur l'ensemble du territoire français. Il convient de rappeler que ces chiffres ne reflètent qu'une partie de la réalité : de nombreuses victimes, en particulier les enfants, ne portent pas plainte ou ne sont pas en mesure de le faire. Les experts estiment que le phénomène de sous-déclaration reste très important dans le domaine des violences intrafamiliales et des violences sexuelles sur mineurs.

La hausse des violences physiques envers les mineurs peut s'expliquer par plusieurs facteurs convergents : une meilleure détection par les professionnels de l'éducation nationale et de la santé, une sensibilisation accrue du grand public aux signaux d'alerte, mais aussi une réalité de terrain qui s'est dégradée dans certains contextes familiaux et sociaux fragilisés. Les services de protection de l'enfance, déjà sous tension, font face à une demande croissante d'interventions et de prises en charge.

Les violences sexuelles enregistrées, toutes victimes confondues, sont également en progression. Cette tendance, observée depuis plusieurs années, traduit à la fois une libération de la parole — amplifiée par les mouvements sociaux de ces dernières années — et une réalité criminelle persistante. Les victimes de violences sexuelles sont majoritairement des femmes et des filles, et les auteurs sont dans la grande majorité des cas des personnes connues de la victime, souvent issues du cercle familial ou proche.

Contexte et enquête

Ces données s'inscrivent dans un contexte national de mobilisation renforcée contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Depuis le Grenelle des violences conjugales de 2019, la France a multiplié les dispositifs de protection : ordonnances de protection, téléphones grave danger (TGD), bracelets anti-rapprochement (BAR), et renforcement des moyens alloués aux associations d'aide aux victimes.

L'Observatoire national des violences faites aux femmes (ONVF) rappelle régulièrement que les statistiques policières ne constituent qu'une partie visible d'un phénomène beaucoup plus large. Selon les enquêtes de victimation, notamment l'enquête Vécu et ressenti en matière de sécurité (VRS) de l'INSEE et du SSMSI, des centaines de milliers de personnes subissent chaque année des violences physiques ou sexuelles sans jamais les signaler aux autorités.

Concernant spécifiquement les mineurs, le Groupement d'intérêt public Enfance en danger (GIP CIIVISE) a mis en lumière, dans ses travaux publiés ces dernières années, l'ampleur des violences sexuelles subies dans l'enfance : selon ses estimations, environ 160 000 enfants seraient victimes de violences sexuelles chaque année en France. La hausse des chiffres enregistrés en 2025 pourrait donc refléter, au moins en partie, une amélioration des mécanismes de détection et de signalement plutôt qu'une simple aggravation du phénomène.

Le parquet et les juridictions spécialisées dans la protection de l'enfance sont directement concernés par cette évolution statistique. Les procureurs de la République ont reçu des instructions pour renforcer le traitement des signalements impliquant des mineurs victimes, conformément aux circulaires du ministère de la Justice.

Ce que dit la loi

En droit français, les violences physiques sont réprimées par les articles 222-1 et suivants du Code pénal. Les peines varient selon la gravité des blessures infligées et la qualité de la victime : les violences commises sur un mineur de quinze ans constituent une circonstance aggravante, portant les peines encourues jusqu'à dix ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende lorsqu'elles ont entraîné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours (article 222-12 du Code pénal).

Les violences sexuelles sur mineurs sont parmi les infractions les plus sévèrement punies par le droit français. Le viol sur mineur de quinze ans est puni de vingt ans de réclusion criminelle (article 222-23 du Code pénal), peine portée à trente ans lorsque l'auteur est un ascendant ou une personne ayant autorité sur la victime. La loi du 21 avril 2021 visant à protéger les mineurs des crimes et délits sexuels a introduit un seuil de non-consentement présumé fixé à quinze ans, renforçant ainsi la protection juridique des plus jeunes.

Par ailleurs, tout professionnel en contact avec des mineurs (enseignant, médecin, travailleur social) est soumis à l'obligation de signalement prévue à l'article 434-3 du Code pénal : le fait de ne pas signaler des mauvais traitements ou des privations infligés à un mineur est punissable de trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.

Chronologie

  • 2019 — Grenelle des violences conjugales : lancement d'un plan national de lutte contre les violences, création du bracelet anti-rapprochement.
  • 21 avril 2021 — Promulgation de la loi visant à protéger les mineurs des crimes et délits sexuels : seuil de non-consentement présumé à 15 ans inscrit dans la loi.
  • 2022-2023 — Travaux de la CIIVISE (Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants) : publication de recommandations majeures pour améliorer la détection et la prise en charge des victimes mineures.
  • 2024 — Renforcement des dispositifs de signalement dans l'Éducation nationale ; hausse des formations des personnels à la détection des violences intrafamiliales.
  • Année 2025 — Les services de police et de gendarmerie enregistrent une hausse des victimes de violences physiques et sexuelles, avec une progression particulièrement marquée pour les mineurs victimes de violences physiques.
  • 27 février 2026 — Publication par le ministère de l'Intérieur des statistiques officielles 2025 sur les victimes de violences enregistrées en France.

Ressources et aide

  • 17 — Police secours (urgence immédiate)
  • 3919 — Violences Femmes Info (numéro national, gratuit, 24h/24)
  • 119 — Allô Enfance en Danger (signalement de maltraitance sur mineur, gratuit, 24h/24)
  • 116 006 — Aide aux victimes — France Victimes (gratuit, 7j/7)
  • arretonslesviolences.gouv.fr — Portail officiel d'information et d'orientation pour les victimes de violences
  • AjiHelp — Application d'aide aux victimes de violences, disponible sur iOS et Android

AjiHelp est une application d'aide aux victimes de violences, de harcèlement et de mal-être. Ressources d'urgence, témoignages et contacts en quelques secondes — disponible sur iOS et Android.

Tags#Violence#France#AjiHelpMedia
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