Angeline Le Bihan tuée avec ses deux filles par un policier : quand la violence conjugale frappe en uniforme
Angeline Le Bihan, 40 ans, et ses deux filles ont été tuées le 9 mai 2026 à Villers-en-Arthies par son ex-compagnon policier. Ce triple meurtre relance le débat sur les violences conjugales dans les forces de l'ordre.
Contenu sensible — cet article traite de meurtre conjugal et de violence intrafamiliale. Si vous êtes en danger, appelez le 3919 ou le 17.
Le 9 mai 2026, Angeline Le Bihan, 40 ans, est abattue à son domicile de Villers-en-Arthies, dans le Val-d'Oise. Ses deux filles — 12 et 16 ans — sont également tuées. Le suspect est son ex-compagnon, un policier en activité, qui a retourné l'arme contre lui après les faits. Ce triple meurtre a provoqué une onde de choc nationale et relancé le débat sur les violences conjugales au sein des forces de l'ordre.
Un drame aux signaux ignorés ?
Comme trop souvent dans les cas de féminicide, des signaux précurseurs auraient pu permettre une intervention plus tôt. La séparation — moment statistiquement le plus dangereux pour une femme victime de violence conjugale — semble avoir été le déclencheur de ce passage à l'acte. Les enquêteurs cherchent à établir si des plaintes avaient été déposées, si des mains courantes existaient, et si la situation avait été signalée à la hiérarchie du suspect.
Le fait que l'auteur présumé soit lui-même membre des forces de l'ordre complexifie l'affaire. Les victimes de policiers violents témoignent régulièrement d'une difficulté supplémentaire à porter plainte : la peur d'être moins crues, la crainte de représailles, ou la solidarité corporatiste entre collègues.
Les violences conjugales dans la police : un tabou persistant
En 2023, le Haut Conseil à l'Égalité estimait que les membres des forces de l'ordre représentaient une proportion significativement plus élevée de mis en cause dans des affaires de violences conjugales que leur part dans la population active. Des formations spécifiques ont été déployées, mais les associations jugent les mesures insuffisantes.
La Mission interministérielle pour la protection des femmes (MIPROF) avait identifié ce sujet comme prioritaire dès 2021. Cinq ans plus tard, la mort d'Angeline et de ses deux filles pose la question de l'effectivité réelle des protocoles internes à la police nationale.
Les enfants, victimes invisibles de la violence conjugale
Dans cette affaire, les deux filles d'Angeline sont mortes aux côtés de leur mère. Ces enfants victimes directes représentent une réalité trop souvent minimisée. En France, selon l'UNICEF, environ 143 000 enfants vivent chaque année dans des foyers où des violences conjugales ont lieu. Beaucoup en subissent des traumatismes durables ; certains en meurent.
Le collectif Féminicides par compagnons ou ex recense le meurtre des enfants comme partie intégrante du féminicide, rappelant que la violence conjugale est une violence familiale totale qui ne s'arrête pas à la porte de la chambre conjugale.
Protéger une victime en danger : les ressources
- 3919 — Violences Femmes Info (gratuit, 24h/24, anonyme)
- 17 — Police Secours en cas de danger immédiat
- SMS 114 — si la parole est impossible
- Ordonnance de protection — à demander en urgence au tribunal judiciaire
- Téléphone Grave Danger (TGD) — dispositif géolocalisation pour victimes à haut risque
Angeline Le Bihan, ses deux filles, et les 37 victimes depuis janvier 2026 n'auraient pas dû mourir. Chaque féminicide supplémentaire rappelle que la lutte contre les violences conjugales exige des moyens humains, juridiques et financiers à la hauteur de l'urgence.
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