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Alzheimer et fugues : comprendre et prévenir les disparitions de seniors
Conseils & Prévention🇫🇷 France
4 juin 2026·5 min de lecture·Rédaction AjiHelp Media

Alzheimer et fugues : comprendre et prévenir les disparitions de seniors

En France, 30 000 fugues de personnes atteintes de troubles cognitifs sont signalées chaque année. Syndrome crépusculaire, signaux d'alerte, bracelet GPS, Carte Alzheimer, numéro 3114 : tout ce que les familles doivent savoir pour prévenir les disparitions de seniors atteints d'Alzheimer.

En France, la maladie d'Alzheimer touche près de 1 million de personnes, et ce chiffre devrait doubler d'ici 2040 selon les projections de France Alzheimer et de l'INSERM. Parmi les risques les moins bien connus des familles : les fugues. Chaque année, environ 30 000 personnes souffrant de troubles cognitifs disparaissent de leur domicile ou de leur établissement de soins. Comprendre les mécanismes à l'origine de ces fugues, identifier les signaux d'alerte et connaître les dispositifs de prévention peut sauver des vies.

Alzheimer et fugue : pourquoi cela arrive

La maladie d'Alzheimer et les autres formes de démence altèrent profondément les fonctions cognitives : mémoire, orientation spatiale et temporelle, reconnaissance des visages et des lieux familiers. Le malade peut se retrouver incapable de retrouver son chemin, même dans un environnement qu'il connaît depuis des décennies.

Deux mécanismes principaux expliquent les fugues :

  • Le syndrome crépusculaire (ou "sundowning") : en fin d'après-midi et en soirée, une agitation intense s'empare de certains malades. Ils cherchent à "rentrer à la maison", à rejoindre un lieu de vie ou un proche appartenant à une période révolue de leur vie. Ils peuvent partir brusquement, persuadés d'avoir une obligation urgente.
  • La déambulation nocturne : le cycle veille-sommeil est perturbé par la maladie. Des malades se lèvent la nuit, désorientés, et sortent sans en avoir conscience.

Dans les deux cas, le malade ne perçoit généralement pas le danger. Il peut marcher des kilomètres, s'exposer à la circulation routière, aux chutes, aux températures extrêmes, sans ressentir de fatigue ou d'anxiété suffisantes pour s'arrêter.

Les chiffres en France

Selon France Alzheimer et les données de la gendarmerie nationale, environ 30 000 fugues de personnes âgées atteintes de troubles cognitifs sont signalées chaque année en France. Une partie de ces disparitions n'est jamais déclarée aux autorités, notamment lorsque la personne est retrouvée rapidement ou lorsque les aidants gèrent la situation seuls.

Les conséquences peuvent être graves : hypothermie, chutes, accidents de la route, décès. Plus la disparition est longue, plus le risque vital augmente. Selon les équipes de gériatrie, une personne atteinte d'Alzheimer retrouvée après plus de 24 heures d'exposition présente un risque élevé de complications médicales sévères.

Signaux d'alerte à ne pas ignorer

Certains comportements doivent alerter les proches et les soignants avant qu'une fugue ne survienne :

  • Agitation et nervosité croissantes en fin de journée
  • Tentatives répétées d'ouvrir les portes ou les fenêtres
  • Discours sur la nécessité de "rentrer chez soi" alors que la personne est à son domicile
  • Confusion entre le présent et des événements passés (croire que des proches décédés sont encore vivants)
  • Sorties fréquentes et non planifiées, même brèves
  • Errance nocturne observée par les aidants

Dispositifs de prévention et de localisation

Plusieurs outils existent pour réduire le risque de fugue et faciliter le retour rapide en cas de disparition :

  • Le bracelet GPS : des dispositifs portables permettent de localiser le malade en temps réel via une application. Des modèles sont disponibles avec géofencing (alerte automatique si la personne sort d'une zone définie). Renseignez-vous auprès de votre médecin traitant ou d'une association locale France Alzheimer.
  • La Carte Alzheimer : document plastifié que la personne porte sur elle, mentionnant son nom, son adresse, le numéro d'urgence d'un proche et une mention de la maladie. Elle facilite l'intervention des passants et des secours.
  • Le système MedicAlert : signale les maladies et traitements en cours aux équipes médicales et aux forces de l'ordre.
  • L'adaptation du domicile : serrures supplémentaires en hauteur (hors de portée visuelle habituelle), alarmes de porte, détecteurs de présence. Le médecin traitant ou l'ergothérapeute peuvent conseiller les aménagements adaptés.
  • Le signalement préventif à la police ou gendarmerie : les familles peuvent informer à l'avance le commissariat ou la brigade locale de la situation de leur proche, afin d'accélérer la prise en charge en cas de disparition.

Que faire en cas de disparition

Si votre proche atteint d'Alzheimer disparaît, chaque heure compte. Voici la marche à suivre :

  • Appelez immédiatement le 17 (police secours) ou le 112 (urgences). Ne pas attendre 24 heures : pour les personnes vulnérables, la procédure de recherche urgente est déclenchée immédiatement.
  • Fournissez une photo récente, la description des vêtements portés, le périmètre habituel de déambulation, les lieux significatifs pour la personne (ancienne adresse, lieu de travail, maison d'enfance).
  • Contactez France Alzheimer (0 800 97 10 10, gratuit) pour un soutien immédiat et une orientation vers les dispositifs locaux.
  • Alertez le réseau de proximité : voisins, commerçants, pharmacies, qui peuvent avoir croisé la personne.

Pour les aidants, la charge émotionnelle liée aux fugues répétées peut être épuisante. Des groupes de soutien aux aidants existent dans chaque département, souvent animés par France Alzheimer. Si vous traversez une période difficile, appelez le 3114.

Soutien aux aidants : ne pas rester seul

Les aidants familiaux de personnes atteintes d'Alzheimer présentent un risque élevé d'épuisement (burn-out de l'aidant), d'anxiété et de dépression. La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande une prise en charge globale incluant le soutien psychologique de l'entourage, et pas seulement du malade. Des solutions de répit (accueil de jour, hébergement temporaire) peuvent être mobilisées via votre médecin traitant ou le Centre Local d'Information et de Coordination gérontologique (CLIC) de votre secteur.

Ressources et aide

  • 0 800 97 10 10 — France Alzheimer (gratuit, conseils familles et aidants)
  • 17 — Police secours (disparition d'une personne vulnérable)
  • 3114 — Prévention du suicide et soutien en détresse pour les aidants (gratuit, 24h/24)
  • 3977 — Allô Maltraitance des personnes âgées et handicapées
  • 119 — Allô Enfance en Danger (si un mineur est concerné)

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Tags#Conseils & Prévention#France#AjiHelpMedia
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