Retour aux actualités
Pourquoi les victimes de violence conjugale ne partent-elles pas ? Comprendre l'emprise
Conseils & Prévention🇫🇷 France
23 juin 2026·3 min de lecture·Noura Abdellaoui

Pourquoi les victimes de violence conjugale ne partent-elles pas ? Comprendre l'emprise

"Pourquoi elle ne part pas ?" Cette question reflète une incompréhension profonde de l'emprise. Voici les mécanismes qui expliquent pourquoi les victimes restent, parfois pendant des années.

"Mais pourquoi elle ne part pas ?" Cette question revient constamment lorsqu'on parle de violence conjugale. Elle reflète une incompréhension profonde du phénomène d'emprise. En réalité, partir n'est pas simple — et rester ne signifie pas consentir. Voici les mécanismes qui expliquent pourquoi les victimes restent, parfois pendant des années.

L'emprise psychologique : qu'est-ce que c'est ?

L'emprise est un processus progressif par lequel un individu prend le contrôle psychologique d'un autre. Elle ne s'installe pas du jour au lendemain : elle se construit sur des mois, parfois des années, à travers des mécanismes précis :

  • L'isolement progressif : couper la victime de ses amis, de sa famille, de son réseau de soutien
  • La dévalorisation constante : critiquer, humilier, minimiser les capacités de la victime jusqu'à ce qu'elle doute d'elle-même
  • La culpabilisation : lui faire croire qu'elle est responsable des violences
  • Le gaslighting : lui faire douter de sa propre perception de la réalité

Le cycle de la violence

La violence conjugale ne fonctionne pas en continu. Elle suit un cycle qui entretient l'espoir et empêche la victime de partir :

Vous êtes victime ou proche d'une victime ?

AjiHelp vous accompagne — 1 mois gratuit

  1. Phase de tension : l'atmosphère devient lourde, la victime marche sur des œufs
  2. Explosion : la violence éclate — physique, verbale, sexuelle
  3. Lune de miel : l'agresseur s'excuse, promet de changer, est attentionné et tendre
  4. Réconciliation : la victime y croit, espère que c'est la dernière fois

Ce cycle peut se répéter des centaines de fois. La phase de lune de miel est ce qui nourrit l'espoir et rend le départ si difficile à envisager.

Les autres raisons qui empêchent de partir

La peur. La période la plus dangereuse pour une femme victime de violence conjugale est celle qui suit son départ. Le risque de féminicide est multiplié par 7 dans les semaines qui suivent une séparation. Cette peur est fondée et réelle.

Les enfants. La crainte de perdre la garde, de traumatiser les enfants par une procédure judiciaire, ou de les "priver de père" est un frein immense pour de nombreuses victimes.

La dépendance financière. Sans ressources propres, sans compte bancaire personnel, sans emploi — partir peut signifier se retrouver à la rue avec ses enfants.

La honte. Admettre que l'on est victime de violence de la part de son conjoint est perçu comme un échec personnel ou familial dans de nombreuses cultures et familles.

L'amour. On peut aimer quelqu'un qui nous fait du mal. L'agresseur n'est pas violent 24h/24 — il peut être charmant, aimant, le père de ses enfants.

Ce que l'entourage peut faire

  • Ne jamais juger ni imposer d'ultimatum
  • Maintenir le lien, même quand la victime minimise ou défend son agresseur
  • Répéter sans se lasser : "Je suis là, quand tu seras prête"
  • Ne jamais contacter l'agresseur
  • Aider à préparer un plan de départ si elle le souhaite

Ressources d'aide

  • 3919 — Violences Femmes Info (pour les victimes ET leur entourage, gratuit 24h/24)
  • arretonslesviolences.gouv.fr — ressources et orientation
  • 116 006 — Aide aux victimes
Tags#Conseils & Prévention#France#AjiHelpMedia
Partager

L'appli AjiHelp — en danger ? Vous n'êtes pas seul·e.

Ressources, signalement et entraide — gratuite, disponible sur iOS & Android

Explorer
À lire aussi