Violences scolaires : témoignages et solutions
Société🇧🇪 Belgique
29 Avril 2026·4 min·

Violences scolaires : témoignages et solutions

Des lycéens belges racontent leur quotidien et les initiatives qui font la différence dans leurs établissements.

# Violences scolaires : témoignages et solutions

En Belgique, les violences en milieu scolaire constituent une réalité que les chiffres officiels peinent encore à saisir dans toute leur complexité. Selon le rapport 2022 de la Fédération Wallonie-Bruxelles, près d'un élève sur cinq déclare avoir été victime d'au moins un acte de violence physique ou psychologique au cours de l'année scolaire. Plusieurs lycées bruxellois et liégeois ont accepté d'ouvrir leurs portes pour témoigner des réalités vécues au quotidien, offrant un regard de l'intérieur sur un phénomène souvent minimisé par les institutions.

Un quotidien sous tension pour des milliers d'élèves

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"Je n'osais plus venir à l'école certains jours", confie Yassin, 16 ans, élève dans un lycée de Molenbeek. Son témoignage n'est pas isolé : de nombreux élèves décrivent un sentiment d'insécurité persistant, qu'il s'agisse d'intimidations dans les couloirs, de harcèlement en ligne ou de confrontations physiques aux abords des établissements. Amina, 15 ans, scolarisée à Liège, raconte pour sa part des mois de moqueries répétées avant qu'un adulte de l'école ne prenne enfin la mesure de sa détresse. "On m'a dit que c'était normal à cet âge, que ça passerait. Ça n'a pas passé tout seul", dit-elle. Ces situations illustrent un écueil fréquent : la banalisation des violences dites "mineures", qui laisse pourtant des traces durables sur la santé mentale des jeunes.

Des chiffres qui obligent à agir

L'Observatoire de l'Enfance, de la Jeunesse et de l'Aide à la Jeunesse (OEJAJ) a documenté une hausse des signalements de harcèlement scolaire depuis la période post-Covid, avec une multiplication des formes numériques de violence. En Communauté française, les conseillers en prévention recensent chaque année plusieurs milliers d'incidents graves, dont une part significative implique des élèves du secondaire inférieur. Les enseignants, eux, ne sont pas épargnés : selon le syndicat CSC Enseignement, environ 40 % des professeurs belges francophone déclarent avoir été confrontés à une forme d'incivilité grave au cours de leur carrière. Ce contexte pèse directement sur le climat scolaire et alimente un cercle de défiance entre adultes et élèves.

Des initiatives qui fonctionnent sur le terrain

Face à cette réalité, certains établissements ont choisi d'agir sans attendre les directives ministérielles. Plusieurs lycées bruxellois et liégeois ont mis en place des médiateurs scolaires formés à la gestion des conflits, issus parfois des quartiers mêmes où vivent les élèves pour en partager les codes culturels. Les résultats sont encourageants : une réduction des incidents signalés de 30 % a été observée dans les écoles pilotes ayant adopté ce dispositif sur deux années consécutives. Le programme "Écoles Citoyennes", soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles, forme par ailleurs des élèves relais chargés d'identifier les situations à risque et d'orienter leurs camarades vers les bons interlocuteurs. À Schaerbeek, un lycée a expérimenté des cercles de parole hebdomadaires animés par un psychologue scolaire, réduisant visiblement les tensions entre groupes rivaux selon la direction de l'établissement.

Ce que vous pouvez faire

Si vous ou votre enfant êtes confrontés à des violences scolaires en Belgique, plusieurs ressources sont disponibles et accessibles gratuitement. Le numéro ChildFocus est joignable au 116 000, une ligne d'écoute dédiée aux enfants et aux familles en situation de détresse, disponible sept jours sur sept. Pour signaler une situation de harcèlement grave, le Centre Psycho-Médico-Social (PMS) rattaché à l'établissement constitue le premier interlocuteur à solliciter, avant une éventuelle saisine du directeur ou de l'inspection scolaire. La plateforme Harcèlement Stop, accessible en ligne via la Fédération Wallonie-Bruxelles, propose également des fiches pratiques, un formulaire de signalement et une mise en contact avec des professionnels. Ne pas agir en croyant que "ça va passer" reste la principale erreur que les spécialistes s'accordent à dénoncer.

Numéros utiles

Police

101

Enfants en danger

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