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Suicide au Maroc : triple drame à Fès en une journée, un fléau social tabou qui s'aggrave
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23 mai 2026·4 min de lecture·Rédaction AjiHelp Media

Suicide au Maroc : triple drame à Fès en une journée, un fléau social tabou qui s'aggrave

Un triple suicide en une seule journée à Fès, un septuagénaire retrouvé pendu à Aït Ourir... Le Maroc fait face à une montée silencieuse du suicide, phénomène encore largement tabou dans la société marocaine. Chiffres, causes profondes et ressources d'aide.

En quelques jours, le Maroc a été secoué par plusieurs affaires de suicide qui ont choqué l'opinion : un triple suicide en une seule journée à Fès et un septuagénaire retrouvé mort par pendaison à Aït Ourir. Ces drames mettent en lumière un phénomène encore trop souvent occulté dans la société marocaine, où la stigmatisation empêche des milliers de personnes en détresse de demander de l'aide.

Fès : trois suicides en une journée

La ville de Fès a connu un épisode particulièrement tragique : trois personnes ont mis fin à leurs jours en l'espace d'une seule journée. Les victimes étaient de profils très différents — hommes et femmes, jeunes et moins jeunes — ce qui illustre que la détresse suicidaire ne touche aucune catégorie sociale en particulier.

Les services de secours et les autorités locales ont été sollicités à plusieurs reprises dans la même journée. Aucun lien n'a été établi entre les cas, mais leur concomitance a profondément bouleversé les habitants de la ville.

Aït Ourir : un homme de 70 ans retrouvé pendu

Dans la commune d'Aït Ourir (province d'Al Haouz, région de Marrakech-Safi), un homme d'une soixantaine-soixante-dix ans a été retrouvé mort par pendaison. Le cas illustre la vulnérabilité des personnes âgées isolées, notamment dans les zones rurales où les filets sociaux sont quasi inexistants et où les troubles dépressifs ne sont que rarement pris en charge.

Le tabou du suicide au Maroc

Au Maroc, le suicide reste profondément tabou. La religion islamique le condamne explicitement, ce qui pousse les familles à le dissimuler et les médias à en parler peu ou de manière codée. Ce silence a des conséquences directes : les personnes en crise ne cherchent pas d'aide par peur du jugement social et familial, et les données officielles restent largement sous-estimées.

Le pays ne dispose pas encore d'un registre national centralisé des suicides. Les chiffres disponibles émanent principalement de la Gendarmerie royale, des hôpitaux et de quelques études universitaires ponctuelles.

Les facteurs de risque au Maroc

Plusieurs facteurs structurels alimentent la détresse psychologique :

  • Chômage des jeunes : le taux de chômage des 15-24 ans dépasse 30% dans certaines régions
  • Violences conjugales : de nombreuses tentatives de suicide chez les femmes font suite à des violences domestiques
  • Pression familiale et sociale autour du mariage, de l'honneur, de la réussite scolaire
  • Isolement des personnes âgées en milieu rural
  • Absence de structures de santé mentale accessibles : le Maroc compte moins d'un psychiatre pour 100 000 habitants
  • Harcèlement scolaire et cyberharcèlement chez les adolescents

Les femmes, premières victimes des tentatives

Si les hommes représentent la majorité des décès par suicide (comme dans la plupart des pays), les femmes effectuent davantage de tentatives. Au Maroc, beaucoup de ces tentatives surviennent dans un contexte de violence conjugale ou familiale, souvent après une rupture forcée, un mariage imposé ou des abus répétés. L'ingestion de produits ménagers toxiques est le mode opératoire le plus fréquent.

Santé mentale : un désert de ressources

Le Maroc compte environ 300 psychiatres pour 37 millions d'habitants — soit moins d'un pour 100 000 personnes. La prise en charge en santé mentale reste concentrée dans les grandes villes (Casablanca, Rabat, Fès, Marrakech) et inaccessible financièrement pour la majorité de la population.

Le Plan national de santé mentale 2021-2030 prévoit d'augmenter les capacités d'accueil et de former des médecins généralistes à la détection de la dépression, mais sa mise en œuvre reste lente.

Que faire face à quelqu'un en crise ?

  1. Écouter sans juger — ne pas minimiser la souffrance exprimée
  2. Poser directement la question : « Est-ce que tu penses à te faire du mal ? »
  3. Ne pas laisser la personne seule si le danger est immédiat
  4. Contacter le SAMU social (Casablanca : 080 200 1212) ou les urgences (15)
  5. Orientez vers un professionnel de santé — médecin de famille en premier recours

Aide et ressources au Maroc

  • 15 — SAMU (urgences médicales)
  • 19 — Police secours
  • 080 200 1212 — SAMU social Casablanca
  • Association Prévention Suicide Maroc : aps.maroc@gmail.com
Tags#Actualités#Maroc#AjiHelpMedia
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