Somme : un homme de 74 ans mis en examen pour viols sur 17 enfants
Pédophilie🇫🇷 France
27 juillet 2026·6 min de lecture·Noura Abdellaoui

Somme : un homme de 74 ans mis en examen pour viols sur 17 enfants

Un septuagénaire de la Somme a été mis en examen et incarcéré pour viols et agressions sexuelles sur 17 enfants, sur une période de 25 ans.

⚠️ Contenu sensible — Cet article traite de violences sexuelles sur mineurs, dont des enfants en très bas âge. Des ressources d'aide sont disponibles en bas de page.

Un homme de 74 ans a été mis en examen et placé en détention provisoire dans la Somme pour des faits présumés de viol, d'agression sexuelle et de tentative de viol sur mineurs de moins de 15 ans. L'enquête, déclenchée après une plainte déposée le 14 juillet 2026, a permis d'identifier 17 victimes présumées, âgées de moins de deux ans à une douzaine d'années au moment des faits. Les violences présumées se seraient étalées sur une période de 25 ans, de 2001 à 2026, dans plusieurs communes du département de la Somme.

Les faits en détail

L'affaire a éclaté au grand jour le 14 juillet 2026, lorsqu'une plainte a été déposée à la brigade de gendarmerie de Roye. Dès la réception de ce témoignage, les enquêteurs ont pris la plainte très au sérieux et ont rapidement envisagé l'existence d'autres victimes potentielles, pressentant que les faits dénoncés pourraient s'inscrire dans un schéma répété sur le long terme.

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Les gendarmes de la brigade de recherches de Montdidier ont alors pris en charge l'enquête, accompagnés d'une militaire spécialisée dans le recueil de la parole des enfants et des victimes de violences sexuelles. Grâce à ce travail minutieux et à l'écoute bienveillante des témoignages, 17 victimes présumées ont pu être identifiées. Les faits auraient été commis dans plusieurs communes de la Somme, notamment à Roye, Ham et Moreuil.

Selon une source proche du dossier, les violences présumées auraient eu lieu dans des contextes de proximité avec les enfants : notamment dans une piscine, ou lors de gardes d'enfants assurées par le suspect. Ce cadre de confiance, propice à l'isolement des victimes, est caractéristique des profils de prédateurs sexuels qui exploitent leur accès privilégié aux mineurs.

Le suspect, interpellé dans la Somme, était jusqu'alors sans antécédent judiciaire connu. Il a été présenté le lundi 20 juillet 2026 à un juge d'instruction du tribunal judiciaire d'Amiens, qui a prononcé sa mise en examen avant d'ordonner son placement en détention provisoire. Selon les informations recueillies par ICI Picardie, le septuagénaire aurait reconnu en garde à vue l'ensemble des viols et agressions sexuelles qui lui sont reprochés — une reconnaissance qui constitue un élément déterminant dans le dossier d'instruction.

Les victimes présumées, dont certaines étaient âgées de moins de deux ans au moment des faits allégués, représentent un profil particulièrement vulnérable. L'extrême jeunesse de certaines d'entre elles aggrave considérablement la nature des infractions reprochées et témoigne d'une prédation organisée sur plusieurs décennies.

Contexte et enquête

Cette affaire s'inscrit dans un contexte national de prise de conscience accrue des violences sexuelles commises sur les mineurs. En France, selon les données du ministère de l'Intérieur, les violences sexuelles sur mineurs représentent une part significative des crimes et délits sexuels enregistrés chaque année. L'Observatoire national des violences faites aux femmes (ONVF) rappelle régulièrement que la grande majorité des agresseurs sont connus des victimes — un constat que cette affaire semble confirmer.

Le parquet d'Amiens a confirmé à ICI Picardie l'ouverture d'une information judiciaire. Un juge d'instruction est désormais saisi du dossier, ce qui signifie que l'enquête entre dans une phase approfondie permettant de reconstituer l'ensemble des faits, d'entendre toutes les parties et de déterminer les responsabilités pénales. La détention provisoire du mis en examen a été ordonnée, notamment pour prévenir tout risque de réitération et protéger les victimes potentielles.

Le recours à une militaire spécialisée dans le recueil de la parole des enfants illustre l'évolution des pratiques judiciaires françaises en matière de protection des mineurs victimes. Ces professionnels formés à l'audition des enfants permettent de recueillir des témoignages dans des conditions adaptées, limitant le risque de traumatisation supplémentaire et garantissant la fiabilité des déclarations recueillies.

La durée présumée des faits — 25 ans, de 2001 à 2026 — et le nombre de victimes identifiées font de cette affaire l'une des plus graves recensées dans le département de la Somme ces dernières années. L'enquête se poursuit pour établir l'intégralité des faits et s'assurer qu'aucune victime n'a été omise.

Ce que dit la loi

En droit français, le viol est défini par l'article 222-23 du Code pénal comme tout acte de pénétration sexuelle commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise. Lorsque la victime est un mineur de moins de 15 ans, la peine est aggravée : l'article 222-24 du Code pénal prévoit une peine pouvant aller jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle.

Lorsque les faits sont commis de manière répétée sur plusieurs victimes mineures, les circonstances aggravantes s'accumulent et peuvent conduire à des peines encore plus lourdes. La loi française prévoit également des dispositions spécifiques pour les crimes commis sur des enfants de moins de 15 ans avec une particulière vulnérabilité liée à leur âge, notamment lorsque les victimes ont moins de deux ans, comme c'est le cas dans cette affaire.

Par ailleurs, les députés français ont récemment approuvé une mesure instaurant la perpétuité pour les viols en série commis sur des mineurs de moins de 15 ans — une évolution législative majeure qui témoigne de la volonté du législateur de renforcer la protection des enfants face aux prédateurs sexuels récidivistes.

L'agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans est quant à elle réprimée par l'article 222-29-1 du Code pénal, avec des peines pouvant atteindre 10 ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende, portées à 20 ans de réclusion criminelle en cas de viol caractérisé. La tentative de viol est punie des mêmes peines que le viol consommé, conformément à l'article 121-4 du Code pénal.

Chronologie

  • 2001 — Début présumé des faits selon les éléments de l'enquête. Le suspect aurait commencé à commettre des violences sexuelles sur des mineurs dans plusieurs communes de la Somme.
  • 14 juillet 2026 — Dépôt d'une plainte à la brigade de gendarmerie de Roye. Ce témoignage déclenche l'enquête et conduit les gendarmes à envisager rapidement l'existence d'autres victimes.
  • Mi-juillet 2026 — Les gendarmes de la brigade de recherches de Montdidier, accompagnés d'une spécialiste du recueil de la parole des enfants, procèdent à l'identification des victimes présumées. 17 victimes sont identifiées, âgées de moins de deux ans à une douzaine d'années au moment des faits.
  • Mi-juillet 2026 — Interpellation du suspect dans le département de la Somme. Placé en garde à vue, il reconnaît l'ensemble des viols et agressions sexuelles qui lui sont reprochés.
  • 20 juillet 2026 — Présentation du suspect devant un juge d'instruction du tribunal judiciaire d'Amiens. Mise en examen pour viol, agression sexuelle et tentative de viol sur mineur de moins de 15 ans. Placement en détention provisoire ordonné.
  • 23 juillet 2026 — Le parquet d'Amiens confirme officiellement les informations à ICI Picardie. L'affaire est rendue publique.

Ressources et aide

  • 17 — Police secours (urgence immédiate)
  • 3919 — Violences Femmes Info (France, gratuit, 24h/24)
  • 116 006 — Aide aux victimes — France Victimes (gratuit)
  • 119 — Allô Enfance en Danger (France, gratuit, 24h/24)
  • 0800 30 030 — SOS Violences conjugales (Belgique, gratuit)
  • 1515 — Aide aux femmes violentées (Maroc)
  • AjiHelp — Application d'aide aux victimes de violences, harcèlement et mal-être. Ressources d'urgence, témoignages et contacts en quelques secondes — disponible sur iOS (App Store) et Android (Google Play).

Article rédigé par Noura Abdellaoui, journaliste spécialisée faits divers et violences pour AjiHelp Media. AjiHelp est une application d'aide aux victimes de violences, de harcèlement et de mal-être. Ressources d'urgence, témoignages et contacts en quelques secondes — disponible sur iOS et Android.

Tags#Pédophilie#France#AjiHelpMedia
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