Mur de femmages 2026 : NousToutes honore les victimes de féminicides
Féminicide🇫🇷 France
22 septembre 2026·5 min de lecture·

Mur de femmages 2026 : NousToutes honore les victimes de féminicides

Le 24 janvier 2026, NousToutes dévoile son Mur de femmages, hommage annuel aux femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France.

⚠️ Contenu sensible — Cet article traite de féminicides et de violences mortelles faites aux femmes. Des ressources d'aide sont disponibles en bas de page.

Chaque année, le collectif féministe NousToutes publie son Mur de femmages, un recensement public et solennel des femmes mortes sous les coups de leur conjoint, ex-conjoint ou partenaire intime en France. L'édition 2026, dévoilée le 24 janvier 2026, perpétue ce rituel de mémoire collective destiné à rendre visible une réalité statistique que les chiffres seuls ne suffisent pas à incarner.

Les faits en détail

Le Mur de femmages est une initiative portée par le collectif NousToutes depuis plusieurs années. Il consiste à recenser, nommer et rendre hommage à chacune des femmes victimes de féminicide en France au cours de l'année écoulée. Le terme « femmage » — contraction de « femme » et « hommage » — a été forgé pour désigner spécifiquement cet acte mémoriel féministe, refusant l'anonymat statistique imposé aux victimes de violences conjugales mortelles.

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L'édition 2026 s'inscrit dans un contexte de mobilisation nationale persistante autour des violences faites aux femmes. NousToutes, collectif fondé en 2018 et reconnu comme l'un des principaux acteurs du mouvement féministe français, compile ces données à partir de sources de presse, de signalements associatifs et de données publiques, en l'absence d'un registre officiel exhaustif et en temps réel des féminicides en France.

Le Mur de femmages est publié chaque année en début d'année civile pour recenser les victimes de l'année précédente. Il prend la forme d'une liste nominative, souvent accompagnée de l'âge des victimes et du lien avec leur meurtrier présumé, rappelant que derrière chaque chiffre se trouve une vie, une histoire, une famille endeuillée.

Cette démarche militante répond à un vide institutionnel : en France, le ministère de l'Intérieur publie des statistiques annuelles sur les homicides au sein du couple, mais ces données sont rendues publiques avec plusieurs mois de décalage et ne permettent pas un suivi en temps réel. NousToutes pallie partiellement ce manque par un travail de veille médiatique et associative continu.

Contexte et enquête

Selon les données du ministère de l'Intérieur publiées dans l'étude annuelle sur les morts violentes au sein du couple, la France enregistre en moyenne entre 90 et 130 féminicides conjugaux par an depuis plusieurs années. En 2023, dernière année pour laquelle des chiffres officiels consolidés sont disponibles, 94 femmes ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire, selon le rapport de la Délégation aux victimes (DAV) du ministère de l'Intérieur.

Ces chiffres placent la France parmi les pays européens où la problématique des violences conjugales mortelles reste préoccupante, malgré les plans gouvernementaux successifs — Grenelle des violences conjugales (2019), plans interministériels 2021-2025 — et les réformes législatives engagées depuis 2019.

Le collectif NousToutes, qui regroupe des dizaines d'organisations féministes et des milliers de militantes, a organisé plusieurs grandes marches nationales, dont celle du 23 novembre 2019 qui avait réuni plus de 150 000 personnes dans toute la France selon les organisateurs, faisant de la lutte contre les féminicides une priorité du débat public.

Ce que dit la loi

En droit français, le meurtre d'une femme par son conjoint ou ex-conjoint est qualifié de meurtre aggravé au sens de l'article 221-1 et 221-4 du Code pénal. La circonstance aggravante liée à la qualité de conjoint, concubin ou partenaire de PACS porte la peine maximale encourue à la réclusion criminelle à perpétuité.

La loi du 28 décembre 2019 renforçant la lutte contre les violences au sein de la famille a introduit plusieurs mesures clés : le bracelet anti-rapprochement (BAR), l'ordonnance de protection renforcée, et la suspension automatique de l'autorité parentale en cas de féminicide. La loi du 18 mars 2024 a par ailleurs étendu les possibilités de signalement et renforcé la formation des forces de l'ordre à l'évaluation du danger.

Malgré ces avancées législatives, les associations féministes, dont NousToutes, continuent de dénoncer des insuffisances dans l'application de ces textes sur le terrain, notamment en matière de délivrance des ordonnances de protection et de prise en charge des victimes signalantes.

Chronologie

  • 2018 — Création du collectif NousToutes en France, mobilisation autour des violences sexistes et sexuelles.
  • 23 novembre 2019 — Grande marche nationale contre les féminicides, plus de 150 000 manifestants selon les organisateurs.
  • Novembre 2019 — Grenelle des violences conjugales, premières mesures gouvernementales renforcées.
  • 28 décembre 2019 — Adoption de la loi renforçant la lutte contre les violences au sein de la famille (bracelet anti-rapprochement, ordonnance de protection).
  • Chaque début d'année (depuis 2019) — Publication annuelle du Mur de femmages par NousToutes, recensant les victimes de l'année précédente.
  • 18 mars 2024 — Nouvelle loi renforçant les dispositifs de protection des victimes de violences conjugales.
  • 24 janvier 2026 — Publication du Mur de femmages 2026 par NousToutes, hommage aux victimes recensées en 2025.

Ressources et aide

  • 17 — Police secours (urgence immédiate)
  • 3919 — Violences Femmes Info (FR) — écoute, orientation, 24h/24
  • 116 006 — Aide aux victimes (France Victimes) — numéro européen gratuit
  • 119 — Enfance en danger (FR)
  • 1515 — Aide aux femmes violentées (MA)
  • 0800 30 030 — SOS Violences conjugales (BE)
  • AjiHelp — Application d'aide aux victimes iOS/Android — ressources d'urgence, témoignages et contacts en quelques secondes — disponible sur App Store et Google Play

Article rédigé par Noura Abdellaoui, journaliste spécialisée faits divers et violences pour AjiHelp Media. AjiHelp est une application d'aide aux victimes de violences, de harcèlement et de mal-être. Ressources d'urgence, témoignages et contacts en quelques secondes — disponible sur iOS et Android.

Tags#Féminicide#France#AjiHelpMedia
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