Liège : un homme de 47 ans condamné pour viol sur une adolescente de 17 ans
Un Liégeois de 47 ans a été condamné à trois ans de prison avec sursis pour viol et atteintes sexuelles sur une adolescente de 17 ans. Les faits datent de 2022.
⚠️ Contenu sensible — Cet article traite de violences sexuelles sur mineur. Des ressources d'aide sont disponibles en bas de page.
Un homme de 47 ans, domicilié à Liège, a été condamné vendredi 16 mai 2026 par le tribunal correctionnel de Liège à une peine de trois ans de prison avec sursis probatoire pour des faits de viols et d'atteintes à l'intégrité sexuelle commis sur une adolescente de 17 ans. Les faits remontent à 2022. Le tribunal a également retenu un contexte aggravant de séquestration, de chantage, de jalousie et de harcèlement, dont la victime a été l'objet pendant toute la durée de la relation imposée.
Les faits en détail
En 2022, alors que la victime était âgée de 17 ans et le prévenu de 43 ans, ce dernier — ami de la famille de la jeune fille — avait entamé une relation à caractère sexuel avec elle. Lors de l'audience, l'homme avait reconnu avoir entretenu des relations sexuelles fréquentes avec l'adolescente, fille d'un couple de ses amis. Il affirmait être épris d'elle et soutenait qu'elle était consentante.
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L'enquête judiciaire a cependant démontré que la victime n'était pas en mesure de donner un consentement libre et éclairé, compte tenu de son âge, de l'ascendant exercé par le prévenu et du contexte de manipulation dans lequel les faits se sont déroulés. Le dossier a mis en lumière une relation fondée sur la domination, l'emprise psychologique et la contrainte.
Le prévenu avait notamment proposé à la jeune fille de devenir son « sugar daddy », lui offrant des récompenses matérielles en échange de faveurs sexuelles. Face au refus initial de l'adolescente, l'homme avait eu recours à des méthodes coercitives : harcèlement répété, menaces de diffuser des photographies intimes de la victime — pratique communément désignée sous le terme de « revenge porn » ou sextorsion — et, dans au moins un cas, séquestration physique de la jeune fille pour lui imposer un rapport sexuel.
Ces éléments ont été retenus par le tribunal comme circonstances aggravantes caractérisant l'absence totale de consentement.
La victime, alors mineure, se trouvait dans une situation de vulnérabilité particulière : l'auteur était un adulte de confiance, ami de ses parents, ce qui rendait toute résistance ou dénonciation d'autant plus difficile. Ce type de configuration — abus de confiance familiale combiné à une différence d'âge significative de 26 ans — est fréquemment documenté dans les affaires d'abus sexuels sur mineurs.
Contexte et enquête
L'enquête menée par les autorités belges a permis d'établir la matérialité des faits et de démontrer l'absence de consentement légal de la victime. En droit belge, comme en droit français, un mineur de moins de 16 ans ne peut légalement consentir à un acte sexuel avec un adulte. En Belgique, la loi du 21 mars 2022 a réformé en profondeur le droit pénal sexuel : elle a notamment introduit une présomption irréfragable d'absence de consentement pour les mineurs de moins de 16 ans, et renforcé la définition du viol en y intégrant explicitement le critère du consentement libre et éclairé.
Dans le cas présent, la victime avait 17 ans, soit au-dessus du seuil de 16 ans. Cependant, le tribunal a considéré que les circonstances — chantage, séquestration, menaces de diffusion d'images intimes, emprise psychologique — rendaient tout consentement impossible. Le parquet de Liège avait saisi le tribunal correctionnel après l'instruction du dossier. Le prévenu a été jugé et condamné pour viol aggravé et atteintes à l'intégrité sexuelle.
Selon les statistiques de l'Institut pour l'Égalité des Femmes et des Hommes en Belgique, les violences sexuelles sur mineurs restent largement sous-déclarées : on estime qu'une victime sur dix seulement porte plainte. Les affaires impliquant un auteur connu de la victime — membre de la famille, ami proche, figure d'autorité — représentent la grande majorité des cas recensés.
Ce que dit la loi
En Belgique, le viol est défini et sanctionné par l'article 375 du Code pénal belge. Il est constitué par tout acte de pénétration sexuelle accompli sur une personne sans son consentement. La peine prévue est une réclusion de cinq à dix ans. Lorsque des circonstances aggravantes sont retenues — comme la minorité de la victime, l'usage de la contrainte, la séquestration ou la menace — les peines peuvent être considérablement alourdies, pouvant aller jusqu'à vingt ans de réclusion.
La sextorsion — soit le fait de menacer de diffuser des images intimes pour obtenir des faveurs sexuelles ou financières — est également sanctionnée en Belgique. Elle peut être poursuivie sous les qualifications d'extorsion (article 470 du Code pénal belge) et de violation de la vie privée (article 371/1 du Code pénal belge, introduit par la loi du 31 mai 2016).
En l'espèce, le tribunal correctionnel de Liège a prononcé une peine de trois ans de prison assortie d'un sursis probatoire. Cette décision signifie que le condamné ne sera pas incarcéré immédiatement, mais devra respecter des conditions strictes fixées par le tribunal sous peine de voir la peine exécutée. Le sursis probatoire est une mesure qui vise à permettre la réinsertion tout en maintenant une surveillance judiciaire.
Chronologie
- 2022 — Les faits de viols et d'atteintes à l'intégrité sexuelle sont commis sur la victime, alors âgée de 17 ans. Le prévenu a 43 ans. Il est un ami du couple parental.
- 2022 — Le prévenu propose à la jeune fille une relation de type « sugar daddy » contre récompenses matérielles. Face à son refus, il recourt au chantage et aux menaces de diffusion de photos intimes.
- 2022 — Un épisode de séquestration est documenté : le prévenu retient la victime pour lui imposer un rapport sexuel.
- Après 2022 — La victime dénonce les faits. Une enquête judiciaire est ouverte. Le parquet de Liège saisit le tribunal correctionnel.
- Vendredi 16 mai 2026 — Le tribunal correctionnel de Liège rend son jugement : trois ans de prison avec sursis probatoire pour viol et atteintes à l'intégrité sexuelle, dans un contexte de séquestration, chantage et harcèlement.
Ressources et aide
- 17 — Police secours (France)
- 3919 — Violences Femmes Info (France, gratuit, 24h/24)
- 116 006 — Aide aux victimes — France Victimes
- 119 — Enfance en danger (France)
- 1515 — Aide aux femmes violentées (Maroc)
- 0800 30 030 — SOS Violences conjugales (Belgique, gratuit)
- 0800 98 100 — Child Focus — Enfants disparus et victimes d'abus sexuels (Belgique)
- AjiHelp — Application d'aide aux victimes de violences, harcèlement et mal-être — disponible sur App Store et Google Play
Article rédigé par Noura Abdellaoui, journaliste spécialisée faits divers et violences pour AjiHelp Media. AjiHelp est une application d'aide aux victimes de violences, de harcèlement et de mal-être. Ressources d'urgence, témoignages et contacts en quelques secondes — disponible sur iOS et Android.
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