La Louvière : deux ans ferme pour tentative de meurtre à la machette 2026
Un homme a été condamné à cinq ans de prison dont deux ferme pour avoir frappé une femme à la machette dans un café de La Louvière en août 2025.
⚠️ Contenu sensible — Cet article traite d'une agression violente avec arme blanche ayant causé des blessures graves. Ressources d'aide disponibles en bas de page.
Le tribunal correctionnel a rendu son jugement dans l'affaire de l'agression à la machette survenue dans un café de La Louvière (Belgique) dans la nuit du 9 au 10 août 2025. Le prévenu a été reconnu coupable de tentative de meurtre et condamné à cinq ans d'emprisonnement, dont deux ans ferme, avec un sursis probatoire de cinq ans pour la partie excédant deux ans. La victime, prénommée Aurélie, grièvement blessée à l'arrière du crâne, a obtenu une provision de 10 000 euros dans l'attente de l'évaluation définitive de son préjudice.
Les faits en détail
Dans la nuit du 9 au 10 août 2025, vers 1h30 du matin, Aurélie passe la soirée avec des amis dans un café de La Louvière lorsqu'elle aperçoit un homme qu'elle connaît vaguement dans l'établissement. « Je le connais un peu, mais nous ne nous parlons pas. Je sais simplement qu'une amie a vécu avec lui pendant deux mois avant leur récente séparation », avait-elle confié à La DH peu après les faits.
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Selon plusieurs témoins présents ce soir-là, le comportement du prévenu devient rapidement agressif. Décrit comme barbu et aux cheveux longs, il est finalement expulsé du café par le patron de l'établissement. Avant de quitter les lieux, il s'en prend verbalement à Aurélie, l'accusant d'être responsable de sa rupture sentimentale. Une altercation éclate à l'extérieur du café. « Je l'ai poussé et nous sommes tombés au sol. Quelqu'un d'autre lui a donné un coup », a raconté la jeune femme.
Ce qui s'est passé ensuite est particulièrement troublant. L'enquête a établi que le suspect serait rentré chez lui après cette première altercation, où il aurait modifié son apparence de manière délibérée : il se serait rasé la barbe, coupé les cheveux et changé de vêtements, rendant ainsi sa reconnaissance difficile à son retour. Il se serait d'abord emparé d'un couteau, qu'un proche serait parvenu à lui retirer, avant de saisir une machette et de retourner au café.
À son retour dans l'établissement, personne ne l'aurait immédiatement reconnu. Il serait entré, se serait dirigé vers Aurélie, installée au comptoir, et l'aurait frappée à l'arrière de la tête avec la machette. « Il est arrivé derrière moi et m'a frappée à l'arrière du crâne », a témoigné la victime. Plusieurs personnes présentes ont affirmé l'avoir entendu lancer : « Il ne te reste plus qu'à crever. » Aurélie a été grièvement blessée et a dû être prise en charge médicalement d'urgence.
Après l'agression, le prévenu a pris la fuite à pied. Le tenancier du café et plusieurs clients se sont lancés à sa poursuite et sont parvenus à le désarmer avant l'arrivée des forces de l'ordre. Interpellé, il a été placé sous mandat d'arrêt par le juge d'instruction. Au moment de son procès devant le tribunal correctionnel, il était détenu sous surveillance électronique.
Contexte et enquête
L'affaire a été instruite par le parquet de La Louvière, qui avait initialement poursuivi le prévenu pour tentative d'assassinat — infraction impliquant la préméditation. Le ministère public avait requis une peine de sept ans de prison ferme, estimant que la modification délibérée de l'apparence physique du suspect avant de revenir au café constituait un indice fort de préméditation.
Cependant, les juges du tribunal correctionnel n'ont pas retenu la circonstance aggravante de préméditation. Ils ont requalifié les faits en tentative de meurtre, infraction moins sévèrement punie que la tentative d'assassinat. La condamnation prononcée est de cinq ans d'emprisonnement, dont deux ans ferme, assortis d'un sursis probatoire de cinq ans pour la partie excédant deux ans de prison.
En Belgique, les violences avec armes, notamment les armes blanches, constituent une problématique judiciaire récurrente. Selon les données du Service Public Fédéral Justice, les affaires de violences graves avec armes représentent une part significative des dossiers traités par les tribunaux correctionnels belges chaque année. La dimension de violence liée à une rupture sentimentale — le prévenu accusant la victime d'être responsable de la séparation de son ex-compagne — s'inscrit dans un schéma de violences post-relationnelles documenté par les associations de protection des victimes.
La victime, Aurélie, a obtenu une provision de 10 000 euros à titre d'indemnisation provisoire, dans l'attente de l'évaluation définitive de son préjudice par un médecin légiste. Cette évaluation permettra de quantifier l'ensemble des séquelles physiques et psychologiques subies à la suite de l'agression.
Ce que dit la loi
En droit belge, la tentative de meurtre est définie et sanctionnée par l'article 393 du Code pénal belge, qui punit le meurtre — défini comme le fait d'attenter à la vie d'une personne avec intention de la donner la mort — d'une peine de réclusion de vingt à trente ans. La tentative de meurtre, en application des règles générales sur la tentative (article 51 et suivants du Code pénal), est punie d'une peine inférieure à celle prévue pour l'infraction consommée.
La tentative d'assassinat, qui implique la préméditation (article 394 du Code pénal belge), est quant à elle punie de la réclusion à perpétuité ou de la réclusion de vingt à trente ans selon les circonstances. C'est précisément cette qualification — plus sévère — que le parquet avait retenue, mais que les juges ont écartée, estimant que la préméditation n'était pas suffisamment établie au sens juridique du terme.
L'utilisation d'une arme blanche — en l'espèce une machette — constitue une circonstance aggravante en droit belge, susceptible d'alourdir les peines encourues. Par ailleurs, le fait que l'agression ait été commise dans un lieu public, en présence de nombreux témoins, et qu'elle ait causé des blessures graves à la victime, a été pris en compte dans la détermination de la peine.
Le sursis probatoire prononcé pour la partie de la peine excédant deux ans signifie que le condamné devra respecter des conditions strictes fixées par le tribunal pendant cinq ans, sous peine de voir la totalité de sa peine exécutée.
Chronologie
- Nuit du 9 au 10 août 2025, vers 1h30 — Aurélie passe la soirée avec des amis dans un café de La Louvière. Le prévenu est présent dans l'établissement.
- Vers 1h30-2h00 — Le comportement du prévenu devient agressif. Il est expulsé du café par le patron. Il accuse verbalement Aurélie d'être responsable de sa rupture. Une altercation éclate à l'extérieur.
- Après l'altercation — Le suspect rentre chez lui, se rase la barbe, se coupe les cheveux et change de vêtements pour modifier son apparence. Il tente de s'emparer d'un couteau, qu'un proche lui retire.
- Retour au café — Le prévenu revient au café armé d'une machette. Non reconnu immédiatement, il s'approche d'Aurélie au comptoir et la frappe à l'arrière du crâne. Il prononce des menaces de mort.
- Immédiatement après l'agression — Le prévenu prend la fuite à pied. Le tenancier et des clients le poursuivent et le désarment avant l'arrivée de la police.
- Août 2025 — Le suspect est placé sous mandat d'arrêt par le juge d'instruction.
- Période du procès — Le prévenu est détenu sous surveillance électronique au moment de son passage devant le tribunal correctionnel.
- 15 juillet 2026 — Le tribunal correctionnel rend son jugement : condamnation à cinq ans d'emprisonnement dont deux ferme pour tentative de meurtre. La préméditation n'est pas retenue. Provision de 10 000 euros accordée à la victime.
Ressources et aide
- 17 — Police secours (France)
- 101 — Police secours (Belgique)
- 3919 — Violences Femmes Info (France, gratuit, 24h/24)
- 0800 30 030 — SOS Violences conjugales (Belgique, gratuit)
- 116 006 — Aide aux victimes, France Victimes (France)
- 119 — Enfance en danger (France)
- 1515 — Aide aux femmes violentées (Maroc)
- AjiHelp — Application d'aide aux victimes de violences, harcèlement et mal-être — disponible sur App Store et Google Play (iOS/Android)
Article rédigé par Noura Abdellaoui, journaliste spécialisée faits divers et violences pour AjiHelp Media. AjiHelp est une application d'aide aux victimes de violences, de harcèlement et de mal-être. Ressources d'urgence, témoignages et contacts en quelques secondes — disponible sur iOS et Android.
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