Creil (Oise) : bébé de 2 mois mort, parents mis en examen 2025
Violence intra-familiale🇫🇷 France
27 juillet 2026·6 min de lecture·Noura Abdellaoui

Creil (Oise) : bébé de 2 mois mort, parents mis en examen 2025

À Creil (Oise), un nourrisson de deux mois est décédé le 26 juin 2025. Son père est mis en examen pour meurtre, sa mère pour complicité. Enquête en cours.

⚠️ Contenu sensible — Cet article traite de la mort d'un nourrisson et de violences sur enfant. Des ressources d'aide sont disponibles en bas de page.

Un nourrisson de deux mois est décédé le 26 juin 2025 au centre hospitalier d'Amiens, après avoir été pris en charge dans un état critique à Creil, dans l'Oise. Son père, âgé de 25 ans, a été mis en examen pour meurtre sur mineure de moins de 15 ans, et sa mère, âgée de 20 ans, pour complicité de meurtre. Tous deux ont été placés en détention provisoire. L'autopsie, dont les résultats sont attendus dans la semaine, doit permettre de déterminer avec certitude la cause du décès.

Les faits en détail

C'est dans la nuit du jeudi 25 juin 2025 que les secours sont intervenus au domicile familial de Creil, dans l'Oise, après un appel passé par la mère du nourrisson. À leur arrivée, les pompiers ont découvert un bébé de deux mois qui ne respirait plus. L'enfant présentait, selon les éléments communiqués par le parquet de Senlis, « d'importantes ecchymoses sur le visage ». Les secouristes sont parvenus à lui redonner un pouls grâce à des manœuvres de réanimation, et le nourrisson a été transporté en urgence au centre hospitalier universitaire d'Amiens.

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Malgré la prise en charge médicale, le bébé n'a pas survécu à ses blessures. Il est décédé le lendemain, vendredi 26 juin 2025, au CHU d'Amiens. Les deux parents ont immédiatement été placés en garde à vue par les services de police judiciaire.

Au cours de la garde à vue, le père du nourrisson, âgé de 25 ans et déjà connu de la justice pour des condamnations antérieures notamment pour vols aggravés, a reconnu, selon le procureur de Senlis Loïc Abrial, « avoir commis des violences sur l'enfant ». La mère, âgée de 20 ans et inconnue des services judiciaires jusqu'à présent, a quant à elle « contesté toute implication sans pour autant expliquer les blessures constatées » sur le corps de son enfant. C'est elle qui avait passé l'appel aux secours dans la nuit du 25 juin.

Le samedi suivant le décès, le père a été mis en examen pour meurtre sur mineure de moins de 15 ans, et la mère pour complicité de meurtre. Tous deux ont été placés en détention provisoire. Toutefois, la situation de la mère, qui a demandé un débat différé devant le juge des libertés et de la détention, devait être réexaminée dans la semaine, a précisé le procureur Loïc Abrial à l'AFP.

La cause exacte du décès n'a pas encore été officiellement établie au moment de la mise en examen. Une autopsie a été ordonnée et devait être réalisée dans les jours suivants afin de déterminer avec précision les circonstances médicales de la mort du nourrisson et de confirmer ou d'affiner les qualifications pénales retenues.

Contexte et enquête

L'enquête a été ouverte par le parquet de Senlis, compétent pour le département de l'Oise. Dès la découverte du nourrisson en arrêt cardio-respiratoire, les services de police judiciaire ont été saisis. La garde à vue des deux parents a permis d'obtenir les premières déclarations, dont celles du père reconnaissant des violences sur l'enfant.

Les violences sur enfants, et plus particulièrement sur les nourrissons, constituent un phénomène préoccupant en France. Selon les données du ministère de l'Intérieur et de l'Observatoire national de la protection de l'enfance (ONPE), les enfants de moins de un an figurent parmi les victimes les plus vulnérables de violences intrafamiliales graves. En 2023, le service national d'accueil téléphonique de l'enfance en danger (SNATED), accessible via le numéro 119, a traité plusieurs dizaines de milliers d'appels relatifs à des situations de danger grave pour des enfants en bas âge.

Le profil du père, déjà condamné pour des faits de vols aggravés, illustre la corrélation fréquemment observée par les experts en protection de l'enfance entre un passé judiciaire et un risque accru de passage à l'acte violent au sein du foyer. La mise en examen pour meurtre, et non pour violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner, traduit la qualification retenue par le parquet au regard des éléments recueillis lors de l'enquête préliminaire.

L'instruction judiciaire, confiée à un juge d'instruction, devra établir précisément les circonstances du décès, le rôle exact de chacun des deux parents, et déterminer si des circonstances aggravantes supplémentaires sont susceptibles d'être retenues.

Ce que dit la loi

En droit français, le meurtre est défini par l'article 221-1 du Code pénal comme le fait de donner volontairement la mort à autrui. Il est puni de trente ans de réclusion criminelle. Lorsque la victime est un mineur de moins de quinze ans, le meurtre est qualifié de crime aggravé. L'article 221-4 du Code pénal prévoit dans ce cas la peine maximale de réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté pouvant aller jusqu'à vingt-deux ans, voire sans possibilité de libération conditionnelle dans les cas les plus graves.

Le procureur de Senlis a d'ailleurs rappelé explicitement lors de l'annonce des mises en examen que « le crime de meurtre sur une mineure de moins de 15 ans fait encourir la peine de réclusion criminelle à perpétuité ».

La complicité de meurtre, retenue contre la mère, est quant à elle définie par l'article 121-7 du Code pénal. Le complice d'un crime encourt les mêmes peines que l'auteur principal. Ainsi, si la qualification de complicité de meurtre sur mineur de moins de quinze ans est confirmée à l'issue de l'instruction, la mère encourt elle aussi la réclusion criminelle à perpétuité.

La mise en examen n'est pas une condamnation : elle signifie que les éléments réunis justifient l'ouverture d'une information judiciaire approfondie. Les deux parents bénéficient de la présomption d'innocence jusqu'à un éventuel jugement définitif.

Chronologie

  • Nuit du 25 juin 2025 — La mère appelle les secours depuis le domicile familial à Creil (Oise). Les pompiers découvrent le nourrisson de deux mois en arrêt cardio-respiratoire, présentant d'importantes ecchymoses sur le visage. Les secouristes parviennent à lui redonner un pouls.
  • 25 juin 2025 — Le bébé est transporté en urgence au centre hospitalier universitaire d'Amiens. Les deux parents sont placés en garde à vue par les services de police judiciaire.
  • 26 juin 2025 — Le nourrisson décède au CHU d'Amiens des suites de ses blessures. Le père reconnaît en garde à vue avoir commis des violences sur l'enfant. La mère conteste toute implication.
  • Samedi 28 juin 2025 — Le père est mis en examen pour meurtre sur mineure de moins de 15 ans. La mère est mise en examen pour complicité de meurtre. Tous deux sont placés en détention provisoire.
  • Lundi 30 juin 2025 — Le procureur de Senlis, Loïc Abrial, annonce publiquement les mises en examen et précise que la situation de la mère sera réexaminée dans la semaine suite à sa demande de débat différé.
  • Semaine du 30 juin 2025 — L'autopsie du nourrisson est programmée afin de déterminer avec certitude la cause du décès. L'instruction judiciaire se poursuit.

Ressources et aide

  • 17 — Police secours (urgence immédiate)
  • 15 — SAMU (urgence médicale)
  • 119 — Enfance en danger — Signalement 24h/24, 7j/7 (France)
  • 3919 — Violences Femmes Info — Écoute, information, orientation (France, gratuit)
  • 116 006 — Aide aux victimes — France Victimes (France, gratuit)
  • 1515 — Aide aux femmes violentées (Maroc)
  • 0800 30 030 — SOS Violences conjugales (Belgique, gratuit)
  • AjiHelp — Application d'aide aux victimes de violences, harcèlement et mal-être — ressources d'urgence, témoignages et contacts en quelques secondes — disponible sur App Store et Google Play

Article rédigé par Noura Abdellaoui, journaliste spécialisée faits divers et violences pour AjiHelp Media. AjiHelp est une application d'aide aux victimes de violences, de harcèlement et de mal-être. Ressources d'urgence, témoignages et contacts en quelques secondes — disponible sur iOS et Android.

Tags#Violence intra-familiale#France#AjiHelpMedia
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