Charleroi : récidiviste pédocriminel jugé pour viols sur trois enfants 2025
Pédophilie🇧🇪 Belgique
27 juillet 2026·6 min de lecture·Noura Abdellaoui

Charleroi : récidiviste pédocriminel jugé pour viols sur trois enfants 2025

Un homme déjà condamné à 20 ans de prison pour pédocriminalité est jugé à Charleroi pour viols et atteintes sexuelles sur trois enfants après sa libération en 2022.

⚠️ Contenu sensible — Cet article traite de violences sexuelles sur mineurs. Des ressources d'aide sont disponibles en bas de page.

Le tribunal correctionnel de Charleroi examine actuellement le cas d'un homme poursuivi pour viol et atteinte à l'intégrité sexuelle sur trois enfants — deux garçons et une fille — issus de son entourage proche. Ce qui rend cette affaire particulièrement grave : le prévenu avait déjà été condamné à vingt ans de prison pour des faits similaires de pédocriminalité commis dans les années 2000. Les premiers faits qui lui sont aujourd'hui reprochés remontent aux toutes premières semaines suivant sa libération, en 2022.

Les faits en détail

Devant le tribunal correctionnel de Charleroi, le prévenu a reconnu partiellement les faits qui lui sont reprochés. Il admet le viol d'un des trois enfants, mais conteste les atteintes à l'intégrité sexuelle commises sur les deux autres victimes, en dépit des déclarations de ces derniers. Cette position partielle contraste avec les témoignages des enfants, recueillis dans le cadre de l'instruction judiciaire.

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Selon les éléments présentés à l'audience, le prévenu aurait adopté une stratégie méthodique pour s'approcher de ses victimes. Le parquet et les parties civiles ont décrit un mécanisme précis : l'homme s'insérait progressivement dans des familles vulnérables, gagnait leur confiance en se montrant serviable, avant de manipuler les adultes et d'entrer en contact avec les enfants. Lui-même a reconnu devant le tribunal être « quelqu'un qui aimait rendre service » et avoir « été dépassé par cette proximité avec certains enfants ».

Interrogé par le tribunal sur la pertinence de cette proximité avec des enfants au regard de son lourd passé judiciaire, le prévenu a répondu avec une lucidité tardive : « Avec le recul, sans doute que non ! » Cette réponse, aussi sobre que glaçante, illustre l'absence de prise de conscience réelle au moment des faits.

À sa sortie de prison en 2022, le prévenu avait bénéficié du soutien de plusieurs personnes de son entourage. Ce réseau d'aide, bien intentionné, lui a permis de se réinsérer dans un tissu social où des enfants étaient présents. Les premiers actes délictueux reprochés se seraient produits dans les semaines qui ont immédiatement suivi sa libération, suggérant une récidive quasi immédiate.

Contexte et enquête

Cette affaire met en lumière une défaillance grave dans le suivi post-carcéral des condamnés pour infractions sexuelles sur mineurs. Durant ses longues années d'incarcération — vingt ans au total — le prévenu n'a bénéficié d'un accompagnement psychologique que pendant trois ans. À sa sortie de prison, il n'a rencontré sa psychologue référente qu'une seule fois. Ce suivi manifestement insuffisant pose des questions fondamentales sur les dispositifs de réinsertion et de surveillance des auteurs de crimes sexuels en Belgique.

En Belgique, la loi du 17 mai 2006 relative au statut juridique externe des personnes condamnées prévoit des modalités de libération conditionnelle et de surveillance post-peine. Les auteurs d'infractions sexuelles graves peuvent être soumis à une mise à disposition du tribunal de l'application des peines (TAP), qui assure un contrôle renforcé après la libération. Dans ce dossier, les conditions de suivi semblent avoir été insuffisamment appliquées ou contrôlées.

Selon les données du Centre d'Expertise pour la Prise en charge des Auteurs d'infractions à caractère Sexuel (CEPAS) en Belgique, la récidive sexuelle chez les auteurs non traités ou insuffisamment suivis reste significativement plus élevée que chez ceux ayant bénéficié d'un programme thérapeutique complet. Cette affaire s'inscrit malheureusement dans ce schéma documenté.

Le parquet de Charleroi, conscient de la dangerosité particulière du prévenu, a requis une peine particulièrement lourde : vingt-cinq ans de prison, assortis d'une mise à disposition du tribunal de l'application des peines pour une durée de quinze ans. Cette double sanction vise à la fois à punir les faits et à protéger durablement la société d'un individu dont le profil présente un risque de récidive élevé.

Ce que dit la loi

En droit belge, le viol est défini et sanctionné par l'article 375 du Code pénal belge. Il est constitué par tout acte de pénétration sexuelle commis sur une personne sans son consentement. Lorsque la victime est un mineur de moins de 14 ans, le viol est qualifié de crime et est passible de la réclusion de quinze à vingt ans. En présence de circonstances aggravantes — notamment la pluralité de victimes, la préméditation ou la position d'autorité de l'auteur — les peines peuvent être portées jusqu'à trente ans de réclusion.

L'atteinte à l'intégrité sexuelle, définie à l'article 373 du Code pénal belge, couvre les actes d'attentat à la pudeur commis sans violence, contrainte ou ruse sur des mineurs. Ces infractions sont punies de cinq à dix ans de réclusion lorsque les victimes sont des enfants.

La mise à disposition du tribunal de l'application des peines, prévue par la loi du 26 avril 2007, constitue une mesure de sûreté complémentaire à la peine principale. Elle permet de maintenir un condamné sous surveillance judiciaire après l'exécution de sa peine, et peut conduire à une privation de liberté supplémentaire si le tribunal l'estime nécessaire pour protéger la société. Le parquet a requis quinze ans de mise à disposition dans ce dossier, soulignant la dangerosité persistante du prévenu.

La récidive légale constitue également une circonstance aggravante en droit belge, susceptible d'alourdir significativement les peines prononcées. Le fait que le prévenu ait déjà été condamné pour des infractions de même nature renforce la gravité juridique de la situation.

Chronologie

  • Années 2000 — Le prévenu est condamné pour des faits de pédocriminalité. La peine prononcée est de vingt ans de prison.
  • Durant l'incarcération — Le prévenu bénéficie d'un suivi psychologique pendant seulement trois ans sur l'ensemble de sa détention.
  • 2022 — Libération — Le prévenu est remis en liberté. Il est aidé par des proches pour sa réinsertion. Il ne revoit sa psychologue qu'une seule fois après sa sortie.
  • Premières semaines après la libération (2022) — Les premiers faits reprochés au prévenu se produisent. Il s'en prend à des enfants de son entourage, deux garçons et une fille.
  • Après les faits — Une enquête judiciaire est ouverte. Les trois enfants victimes sont entendus. Le prévenu est interpellé et mis en cause.
  • Audience au tribunal correctionnel de Charleroi — Le prévenu comparaît. Il reconnaît le viol d'un enfant mais conteste les atteintes à l'intégrité sexuelle sur les deux autres. Le parquet requiert 25 ans de prison et 15 ans de mise à disposition.

Ressources et aide

  • 17 — Police secours (FR)
  • 101 — Police secours (BE)
  • 0800 30 030 — SOS Violences conjugales (BE, gratuit)
  • 0800 98 100 — Child Focus, disparitions et abus sexuels sur enfants (BE, gratuit)
  • 3919 — Violences Femmes Info (FR, gratuit)
  • 119 — Enfance en danger (FR, gratuit)
  • 116 006 — Aide aux victimes, France Victimes (FR)
  • 1515 — Aide aux femmes violentées (MA)
  • AjiHelp — Application d'aide aux victimes iOS/Android — ressources d'urgence, témoignages et contacts en quelques secondes — disponible sur App Store et Google Play

Article rédigé par Noura Abdellaoui, journaliste spécialisée faits divers et violences pour AjiHelp Media. AjiHelp est une application d'aide aux victimes de violences, de harcèlement et de mal-être. Ressources d'urgence, témoignages et contacts en quelques secondes — disponible sur iOS et Android.

Tags#Pédophilie#Belgique#AjiHelpMedia
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