Casablanca : violeur récidiviste condamné à 15 ans pour kidnapping et viol en série
Violence sexuelle🇲🇦 Maroc
27 juillet 2026·6 min de lecture·Noura Abdellaoui

Casablanca : violeur récidiviste condamné à 15 ans pour kidnapping et viol en série

Un homme de 28 ans, déjà condamné pour viol, a été jugé coupable de kidnapping, séquestration et viol sur quatre victimes à Casablanca. Il écope de 15 ans de réclusion.

⚠️ Contenu sensible — Cet article traite de violences sexuelles, de séquestration et de viol. Des ressources d'aide sont disponibles en bas de page.

Un homme de vingt-huit ans, résidant dans le quartier Hay Moulay Rachid à Casablanca, a été condamné à quinze ans de réclusion criminelle par la chambre criminelle de la Cour d'appel de Casablanca. Déjà condamné par le passé pour viol, ce récidiviste avait ciblé méthodiquement quatre jeunes femmes vivant seules, les kidnappant à l'aube avant de les séquestrer et de les violer avec une brutalité extrême. L'affaire, instruite par le juge d'instruction puis renvoyée devant la chambre criminelle, a abouti à une condamnation pour kidnapping, séquestration, viol, menace à l'arme blanche et coups et blessures.

Les faits en détail

Tout commence dans le quartier populaire de Hay Moulay Rachid, à Casablanca. L'accusé, vingt-huit ans, sans emploi, sans attaches familiales stables, mène une existence marquée par l'alcool, la drogue et la violence. Sa seule présence dans la rue suffit à faire fuir les riverains. Son casier judiciaire, lui, parle pour lui : il a déjà purgé quatre ans de prison pour viol sur une jeune femme. Une peine qui, loin de l'avoir amendé, semble avoir renforcé sa dangerosité.

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Libéré, il reprend rapidement ses agissements. Son mode opératoire est méthodique et glaçant. Il repère ses cibles parmi les jeunes femmes vivant seules — célibataires, divorcées ou veuves — dans son voisinage immédiat. Il les observe pendant plusieurs jours, note leurs habitudes, en particulier l'heure à laquelle elles quittent leur domicile pour se rendre au travail. Le jour choisi, il se poste à proximité de leur porte d'entrée et attend le moment propice.

Dès que la victime franchit le seuil, il se jette sur elle sans lui laisser le temps de réagir. Une main plaquée sur la bouche pour étouffer tout cri, une lame glissée sous l'aisselle pour couper court à toute résistance. En quelques secondes, il la pousse à l'intérieur de son propre logement et verrouille la porte derrière lui.

Ce qui suit est décrit par les victimes comme un calvaire : il les contraint à se dévêtir, puis commet un viol d'une brutalité extrême, avant de les expulser de chez elles comme si elles n'étaient rien. Quatre victimes ont ainsi subi ce même scénario, avant de trouver le courage de se rendre au commissariat pour porter plainte.

Connu des services de police pour ses antécédents judiciaires, l'accusé est rapidement identifié et interpellé. Soumis aux interrogatoires, il est déféré devant le parquet général près la Cour d'appel de Casablanca, puis placé sous contrôle du juge d'instruction avant d'être renvoyé devant la chambre criminelle composée de trois magistrats.

À l'audience, l'accusé adopte une attitude évasive, alternant dénégations et silences prolongés. La défense des parties civiles insiste sur le caractère prémédité des agressions et sur la vulnérabilité délibérément exploitée des victimes. Le représentant du ministère public, rappelant la récidive légale et l'échec manifeste de la première peine à produire un effet dissuasif, requiert la peine maximale. L'avocat commis d'office dans le cadre de l'assistance judiciaire plaide, lui, les circonstances atténuantes. La Cour ne le suit pas.

Contexte et enquête

Cette affaire s'inscrit dans un contexte préoccupant de violences sexuelles au Maroc. Selon les données du ministère de la Justice marocain, les affaires de viol et d'agression sexuelle représentent une part significative des dossiers traités par les chambres criminelles des cours d'appel du royaume. La récidive en matière de crimes sexuels constitue un facteur aggravant reconnu par le droit marocain, qui prévoit des peines alourdies pour les auteurs ayant déjà été condamnés pour des faits similaires.

Dans ce dossier, l'enquête a été menée par les services de police de Casablanca, qui connaissaient déjà le profil de l'accusé. Les quatre victimes ont déposé plainte séparément, permettant aux enquêteurs de reconstituer le mode opératoire et d'établir la répétition des faits. L'instruction judiciaire a permis de rassembler les éléments de preuve nécessaires à la mise en examen et au renvoi devant la chambre criminelle. Le parquet général a joué un rôle central en requérant la peine maximale, soulignant l'absence totale de remords de l'accusé et la gravité des faits commis en état de récidive légale.

Le profil de l'accusé — sans emploi, consommateur de substances, isolé socialement — correspond à des facteurs de risque bien documentés par les études criminologiques. La préméditation caractérisée, la surveillance préalable des victimes et l'usage d'une arme blanche pour les contraindre au silence ont été des éléments déterminants dans la qualification des faits et dans la sévérité de la peine prononcée.

Ce que dit la loi

Au Maroc, le viol est défini et sanctionné par l'article 486 du Code pénal marocain, qui prévoit une peine d'emprisonnement de cinq à dix ans. Toutefois, lorsque le viol est commis avec des circonstances aggravantes — notamment l'usage d'une arme, la séquestration préalable, ou la commission des faits en état de récidive légale — les peines peuvent être considérablement alourdies et atteindre la réclusion criminelle à perpétuité dans les cas les plus graves.

Le kidnapping et la séquestration sont quant à eux réprimés par les articles 436 et suivants du Code pénal marocain, qui prévoient des peines de réclusion criminelle pouvant aller de dix à trente ans selon les circonstances. La menace avec arme blanche constitue une circonstance aggravante supplémentaire, justifiant le cumul des qualifications retenues par la chambre criminelle.

En l'espèce, la Cour d'appel de Casablanca a retenu l'ensemble des qualifications — kidnapping, séquestration, viol, menace à l'arme blanche et coups et blessures — et a prononcé une peine de quinze ans de réclusion criminelle, tenant compte de la récidive légale et du caractère prémédité et répété des agressions sur quatre victimes distinctes.

Chronologie

  • Période des faits — L'accusé surveille ses victimes dans le quartier Hay Moulay Rachid à Casablanca, repérant les jeunes femmes vivant seules et notant leurs habitudes quotidiennes.
  • Passage à l'acte (répété) — À l'aube, il se poste devant les domiciles de ses cibles, les intercepte à leur sortie, les bâillonne, les menace avec une lame et les séquestre avant de les violer. Quatre victimes sont identifiées.
  • Dépôt de plainte — Les quatre victimes se rendent au commissariat et portent plainte contre leur agresseur, permettant aux enquêteurs d'établir la répétition des faits et le mode opératoire.
  • Interpellation — Connu des services de police pour ses antécédents judiciaires, l'accusé est rapidement localisé et placé en garde à vue. Il est soumis aux interrogatoires de police judiciaire.
  • Déferrement — L'accusé est présenté devant le parquet général près la Cour d'appel de Casablanca, puis placé sous le contrôle du juge d'instruction qui ouvre une information judiciaire.
  • Audience devant la chambre criminelle — L'affaire est renvoyée devant les trois magistrats de la chambre criminelle. L'accusé adopte une attitude évasive. Le ministère public requiert la peine maximale en raison de la récidive.
  • Verdict — La Cour d'appel de Casablanca déclare l'accusé coupable de kidnapping, séquestration, viol, menace à l'arme blanche et coups et blessures, et le condamne à quinze ans de réclusion criminelle.

Ressources et aide

  • 19 — Police secours (Maroc)
  • 1515 — Aide aux femmes victimes de violences (Maroc)
  • 3919 — Violences Femmes Info (France, gratuit, 24h/24)
  • 17 — Police secours (France)
  • 116 006 — Aide aux victimes, France Victimes (France)
  • 119 — Enfance en danger (France)
  • 0800 30 030 — SOS Violences conjugales (Belgique)
  • AjiHelp — Application d'aide aux victimes iOS/Android — ressources d'urgence, témoignages et contacts en quelques secondes, disponible sur App Store et Google Play

Article rédigé par Noura Abdellaoui, journaliste spécialisée faits divers et violences pour AjiHelp Media. AjiHelp est une application d'aide aux victimes de violences, de harcèlement et de mal-être. Ressources d'urgence, témoignages et contacts en quelques secondes — disponible sur iOS et Android.

Tags#Violence sexuelle#Maroc#AjiHelpMedia
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