Belgique 2026 : 185 dossiers de violences conjugales par jour
Un chiffre alarmant : en Belgique, 185 dossiers de violences conjugales sont ouverts chaque jour en moyenne. Police, parquets et associations tirent la sonnette d'alarme face à une crise qui s'aggrave.
Un chiffre qui glace : 185 dossiers par jour
En Belgique, les violences conjugales atteignent un niveau préoccupant. Selon les données récentes relayées par la VRT, 185 dossiers sont ouverts en moyenne chaque jour pour des faits de violences au sein du couple. Rapporté à l'année, cela représente plus de 67 000 affaires traitées par les services de police et les parquets du pays. Un volume colossal qui met en lumière l'ampleur d'un phénomène longtemps sous-estimé.
Ces chiffres ne reflètent d'ailleurs qu'une partie de la réalité. Les experts s'accordent à dire que les violences conjugales restent massivement sous-déclarées. La honte, la peur des représailles, la dépendance économique ou affective sont autant de freins qui empêchent de nombreuses victimes de franchir le pas et de porter plainte.
Des services débordés, des victimes en attente
Face à cette avalanche de dossiers, les services de police et les parquets belges avouent être saturés. Les délais de traitement s'allongent, les enquêteurs spécialisés manquent, et les ressources humaines peinent à suivre la cadence. Cette situation crée un sentiment d'impunité chez certains auteurs de violences, et un sentiment d'abandon chez les victimes qui attendent parfois des mois avant d'être entendues.
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Les associations d'aide aux victimes, elles, sont en première ligne. Depuis la période post-COVID, elles signalent une augmentation significative des appels à leurs lignes d'écoute. Le confinement avait exacerbé les tensions au sein des foyers, enfermant victimes et auteurs sous le même toit, parfois sans issue. Les séquelles de cette période se font encore sentir aujourd'hui, plusieurs années après.
'Nous recevons des appels de personnes qui vivent dans des situations de violence depuis des années et qui n'ont jamais osé en parler', témoigne une intervenante d'une association bruxelloise spécialisée. 'La crise sanitaire a parfois été un déclencheur, dans le mauvais sens du terme.'
Le gouvernement belge sous pression
Face à ces chiffres records, le gouvernement belge est interpellé. Les associations, les syndicats de police et plusieurs parlementaires réclament un renforcement urgent des ressources allouées à la protection des victimes. Il s'agit notamment de former davantage d'agents spécialisés dans l'accueil des victimes de violences intrafamiliales, de réduire les délais judiciaires et de financer durablement les structures d'hébergement d'urgence.
La Belgique s'est pourtant dotée d'un cadre législatif progressiste en matière de lutte contre les violences conjugales. Le bracelet électronique anti-rapprochement, les ordonnances de protection ou encore les protocoles d'intervention policière ont été renforcés ces dernières années. Mais entre la loi et son application effective sur le terrain, le fossé reste important.
Une réalité qui touche toutes les couches de la société
Les violences conjugales ne connaissent pas de frontières sociales, culturelles ou économiques. Elles touchent des femmes et des hommes de tous milieux, même si les statistiques montrent que les femmes représentent la grande majorité des victimes. En Belgique comme ailleurs, les féminicides constituent l'aboutissement tragique de cycles de violence souvent ignorés ou minimisés pendant des années.
Les experts insistent sur la nécessité d'une approche globale : prévention dès le plus jeune âge, éducation à l'égalité, formation des professionnels de santé, de l'éducation et de la justice, et soutien psychologique à long terme pour les victimes et leurs enfants, souvent témoins silencieux de ces violences.
Agir avant qu'il ne soit trop tard
Si vous êtes victime de violences conjugales ou si vous connaissez quelqu'un dans cette situation, il est essentiel de ne pas rester seul face à la situation. Des professionnels formés sont disponibles pour vous écouter, vous orienter et vous aider à trouver une issue sécurisée.
Numéros d'aide en Belgique :
- 0800 30 030 – Écoute Violences Conjugales (gratuit, 24h/24)
- 0800 98 100 – SOS Viol (gratuit)
- 112 – Numéro d'urgence en cas de danger immédiat
- Infor-Drogues / Télé-Accueil : 107 – Soutien psychologique
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