Agressions dans les transports : les nouvelles mesures annoncées
Le ministère de l'Intérieur présente son plan d'action pour sécuriser les transports publics marocains en 2026.
# Agressions dans les transports : les nouvelles mesures annoncées
Face à une hausse préoccupante des signalements d'agressions dans les transports en commun, le ministère de l'Intérieur marocain a présenté un plan d'action d'urgence lors d'une conférence de presse tenue à Rabat en ce début d'année 2025. Ce dispositif, pensé pour entrer pleinement en vigueur d'ici fin 2026, vise à restaurer un sentiment de sécurité parmi les millions d'usagers qui empruntent quotidiennement les réseaux de bus, de tramway et de transport collectif dans les grandes agglomérations du royaume. La mobilisation de ressources humaines et technologiques constitue le cœur de ce plan présenté comme historique par les autorités.
Un plan structuré autour de trois piliers
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Le premier volet du dispositif prévoit le déploiement de 2 000 agents supplémentaires sur les principales lignes de bus et de tramway des grandes villes, notamment Casablanca, Rabat, Marrakech et Fès. Ces agents, formés à la gestion des situations conflictuelles et à la médiation, seront positionnés en priorité aux heures de pointe, soit entre 7h et 9h le matin, et entre 17h et 20h le soir. Le second pilier concerne l'installation de caméras de surveillance dans l'ensemble du parc de bus national d'ici fin 2026, un chantier technologique de grande envergure qui devrait concerner plusieurs milliers de véhicules. Enfin, une ligne d'alerte dédiée aux usagers des transports sera mise en place afin de permettre des signalements rapides et anonymes, sans que les victimes aient à se déplacer dans un commissariat.
Un contexte de hausse des incidents documentés
Selon les données communiquées lors de la conférence de presse, les signalements d'agressions physiques et de harcèlement dans les transports publics ont augmenté de 34 % entre 2022 et 2024 dans les principales villes marocaines. Les femmes et les jeunes constituent les catégories les plus exposées, représentant respectivement 61 % et 27 % des victimes déclarées selon les chiffres du ministère. Samira, une infirmière casablancaise de 32 ans qui emprunte quotidiennement le bus entre Hay Mohammadi et le CHU Ibn Rochd, témoigne : "Il y a des jours où je préfère marcher quarante minutes plutôt que prendre le bus, parce que je sais ce qui peut arriver." Ces témoignages, nombreux sur les réseaux sociaux marocains, ont contribué à mettre la pression sur les autorités pour qu'elles agissent de manière concrète.
Des associations prudentes mais engagées
Plusieurs associations de défense des droits humains et des droits des femmes ont salué les annonces du ministère, tout en insistant sur le fait que l'application effective restera le véritable test de ce plan. L'Association Démocratique des Femmes du Maroc (ADFM) a notamment rappelé que des annonces similaires avaient été formulées par le passé sans que les effets se fassent réellement sentir sur le terrain. Des voix associatives ont également réclamé que la formation des agents intègre une dimension spécifique de lutte contre le harcèlement sexiste, et pas uniquement la gestion de la violence physique. Le collectif "Transports Sûrs Maroc", créé en 2023 par des usagères de Casablanca et Rabat, a quant à lui demandé à être associé au suivi de la mise en œuvre du dispositif.
Ce que vous pouvez faire
Si vous êtes victime ou témoin d'une agression dans les transports publics au Maroc, il est possible d'appeler le 19, numéro de la Police Nationale, disponible 24h/24 et 7j/7 sur l'ensemble du territoire. La Gendarmerie Royale est joignable au 177 pour les zones relevant de sa compétence. En cas de harcèlement ou de violence de genre, l'association Insaf propose une écoute au 0800 00 47 47, ligne nationale gratuite dédiée aux femmes en situation de vulnérabilité. Il est également conseillé de noter l'heure, le numéro de ligne et la plaque du véhicule afin de faciliter le travail des enquêteurs si un dépôt de plainte s'avère nécessaire.
Numéros utiles
Police secours
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